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20/03/2020

mars 20, 2020 0

#ConfinementLecture - Deux box ebooks gratuites !

C'est le moment de recharger vos liseuses, ou de tester la lecture numérique si vous n'étiez pas conquis.e.s jusque-là !




Si on a toutes et tous des piles à lire monstrueuses qui prennent la poussière sur des étagères, ou bien en train de gentiment patienter dans la mémoire d'un quelconque appareil : les éditeurs francophones se regroupent pour nous offrir de quoi occuper cette quarantaine qui risque malheureusement de perdurer sans vouloir polémiquer. 



Kézako ? Une box gratuite par jour durant cinq jours avec cinq ebooks (et potentiellement des audiobooks) chacune à recevoir par email. Des ebooks publiés par des éditeurs tels que les Moutons électriques, l'Atalante, ou encore Bragelonne. En tout, vingt-cinq lectures à savourer avec un bon thé ou un délicieux café. 

Notons également des offres spéciales à consulter sur le site. Cette opération est menée par le diffuseur numérique "Le comptoire d'e. Dantès". Merci à tout ce petit monde pour le geste !

J'aime le côté surprise et découverte même s'il est possible d'avoir déjà lu ces fameux livres pour certains. Pour la première box, je suis assez ravie puisque l'un des ebooks proposés était dans ma pile à lire "pense-bête". Cela me donnera l'occasion de l'en sortir, même s'il me faudra la suite !



... Pour pas devenir chèvre ! Là encore, une offre regroupant des éditeurs SFFF francophones - notamment Le Bélial, et Dystopia dont j'aime beaucoup les publications. Un jour, un ebook. J'ai hâte de voir ce qu'ils nous ont réservé !


=> Pour ces deux offres, il suffit de suivre les liens via les titres et d'indiquer votre adresse email pour les recevoir au jour le jour.


Dans tous les cas, créer une box ebook avec un abonnement modique comme cela existe avec les livres papier ne serait pas dénué d'intérêt tout en limitant le piratage. Peut-être dans un futur proche ?

Enfin, et même s'il existe pléthore de bibliothèques numériques en ligne dont celles proposées dans ma rubrique "Par-delà l'horizon" tout en boycottant le site Amazon, je tiens à souligner la présence de nouvelles, récits, essais, guides pratiques etc. également gratuits sur les sites suivants :




Pour conclure, je tiens à préciser que cette quarantaine est nécessaire, obligatoire, et qu'il ne faut pas oublier toutes les personnes en première ligne (personnel soignant, dans la distribution etc.) donc restez confiné.e.s chez vous ! Ne prenez pas de risques inutiles en vous exposant, ou en exposant les autres. 

Prenez soin de vous et n'hésitez pas à me faire un retour sur toutes vos lectures en commentaires !


03/02/2020

février 03, 2020 0

[Le cœur cousu | Carole Martinez]

Un premier roman poétique sur la différence, la quête d'indépendance des femmes, tout comme la filiation.

Lu en 2018




Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. 

Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises. Un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le cœur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement...

Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... 


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Je me rends compte que je n'ai toujours pas posé ma critique sur ce livre qui fût un coup de cœur. Sans doute parce que tout a probablement déjà été dit. 

Un coup de cœur ? Eh oui ! Pour le style poétique, les chapitres contés, mais également comme toile de fond la transmission des poids et devoirs intergénérationnels, comme autant de schémas répétitifs qui finissent par être brisés par la génération suivante lorsque la précédente a tenté de s'en affranchir jusqu'à la folie.

Ce roman est une véritable ode à la femme, de la difficulté de l'être sous tous ses aspects fragiles et mystérieux. Femme, mère, et épouse tout à la fois. Bref, une très belle lecture qui m'a marquée.


28/01/2020

janvier 28, 2020 0

[L’homme qui mit fin à l’histoire | Ken Liu – éd. Le bélial]

Un procédé permet une fois, et une fois seulement, de retourner à une période précise. Celle-ci ne sera autre que la guerre sino-japonaise sur laquelle planent les horreurs de la sinistre Unité 731.

Rédigé initialement par mes soins sur le blog collectif art.fract.org - Livre lu en 2016.





DEUX SCIENTIFIQUES METTENT AU POINT UN PROCÉDÉ RÉVOLUTIONNAIRE PERMETTANT DE RETOURNER DANS LE PASSÉ. UNE SEULE ET UNIQUE FOIS PAR PÉRIODE VISITÉE, POUR UNE SEULE ET UNIQUE PERSONNE, ET SANS AUCUNE POSSIBILITÉ POUR L’OBSERVATEUR D’INTERFÉRER AVEC L’OBJET DE SON OBSERVATION. UNE RÉVOLUTION QUI PROMET LA VÉRITÉ SUR LES PÉRIODES LES PLUS OBSCURES DE L’HISTOIRE HUMAINE. PLUS DE MENSONGES. PLUS DE SECRETS D’ÉTAT.



Accepter notre fragilité et notre subjectivité n’est pas renoncer à notre responsabilité morale de dire la vérité, même, et surtout, si « la vérité », loin d’être unique, devient pluralité d’expériences partagées qui, ensemble, composent notre humanité. - Ken Liu


Grâce à une machine permettant de voyager dans le passé donc, le professeur Wei a tenté de reconstituer des faits lors de cette période assez sombre de l’histoire sino-japonaise. Une période dont j’ignorais presque tout, et finalement assez méconnue, m’ayant poussé à faire quelques recherches complémentaires en cours de lecture.
Si les premières pages me laissèrent dubitatives – le temps pour moi de rentrer dans le vif du sujet et l’agencement si particulier des chapitres – j’ai vite été absorbée.
Sous couvert de SF bien pensée et amenée, il s’agit d’une ode à la mémoire, au souvenir, mais surtout à la reconnaissance des faits. Ceux subis par les victimes afin de les « libérer» en leur donnant enfin une place et un statut, ainsi qu’une existence tangible aux yeux du monde. Cela vaut également pour les générations suivantes cherchant à rétablir la vérité, tout en luttant contre le négationnisme.
Par ailleurs, beaucoup de questions philosophiques sont abordées avec finesse et intelligence. Rien n’a été omis par l’auteur quel que soit l’angle d’approche des protagonistes au fil des pages ; sachant que les faits, malheureusement bel et bien réels, n’ont toujours pas été reconnus par le Japon.
Bref, il y aurait encore tant à dire et développer sur l’aspect historique, mais mieux vaut lire cette novella brillante qui fait réfléchir malgré son tout petit format. Une novella qui fut un véritable coup de cœur pour moi dans tous les cas, car si elle s’attache à un événement précis, elle s’avère d’autant plus universelle de par ses thématiques.
Cet ouvrage et mes autres recherches m’auront d’ailleurs inspiré pour la création d’un personnage sur Fractal version 7.1. C’est dire à quel point, ce bouquin fut marquant !

10/12/2019

décembre 10, 2019 0

[Bienvenue à Yirminadingrad]

Quatre recueils de nouvelles pour explorer une ville pas comme les autres.


Rédigé initialement par mes soins sur le blog collectif art.fract.org




Yirminadingrad est une cité portuaire de la Mer Noire. On y parle bulgare et grec, turc et mycrønien. Elle existe dans un présent futuriste aux accents archaïques. Comme partout ailleurs, on y vit dans l’attente de la fin.
Un lieu crasse post-industriel ayant connu la dictature et la guerre. Un lieu aux nombreux squelettes figés. Des bâtiments éventrés aux trains abandonnés, des routes désertes aux sombres tunnels où mieux ne vaut pas traîner… Un lieu où même les cauchemars se dealent.
C’est une mosaïque d’histoires avec des (anti)héros de passage nous permettant d’explorer la ville. Une quadrilogie éditée par Dystopia Workshop sur une idée de Léo Henry réunissant toute la fine fleur des auteurs SF francophones, et agrémentée d’illustrations en clair-obscur.
Quatre recueils de nouvelles qui ne se ressemblent pas en abordant différentes thématiques via des genres variés (politique-fiction, témoignage, reportage…). Douze auteurs, treize illustrations, treize nouvelles non attribuées.


Yama Loka terminus parle de l’irréductible facteur humain, de la vie qui s’immisce dans les lieux les plus invivables et des touffes de mauvaise herbe qui défoncent les macadams laissés à l’abandon. Il est composé des témoignages, de récits, d’aveux. Chaque narrateur est un être normal, un être réel, un héros.
Bara Yogoï s’égare dans les marges rêvées d’une ville morte avant d’avoir vu le jour. Sept autres lieux, sept légendes, sept vérités disjointes, sept contes sans clé.
Tadjélé, récits d’exil revisite le mythe de la révolution dans les décombres.
Adar, retour à Yirminadingrad reflète le portrait de la violence, de la misère et de la laideur.
Néanmoins, ce qui frappe avec ce projet de longue haleine étalé dans le temps, c’est la créativité plurielle autour d’une ville imaginaire, onirique, dont chacun.e peut se faire sa propre idée, en s’y racontant ses propres histoires. Un cadre parfait pour y ancrer le background d’un personnage sur le jeu post-apo "Fractal, l'ordre dans le chaos".
Une créativité plurielle jusqu’à un site-média ayant cessé d’exister, de musiques, d’affiches et de bien d’autres choses recensées sur un blog dédié : http://yirminadingrad.blogspot.com/
Pour conclure, errons enfin en musique avec les créations sonores de Archim Bloch qu’il n’a été possible de dénicher que sur Spotify

25/05/2018

#VendrediLecture - Feuillets de cuivre de Fabien Clavel - éd. Libretto




Une incursion dans un paysage de métal et de rouages complexes loin de l’habituelle Londres et des clichés ? C'est possible. Tout un programme donc, notamment avec "Feuillets de cuivre" de Fabien Clavel, et "L’alchimie de la pierre" d’ Ekaterina Sedia. Ces deux romans sont sortis de ma pile à lire en début d’année, mais mon habituel retard ne m’avait pas encore permis de les aborder. Une pierre deux coups donc pour cette semaine, même si je commencerai d'abord par le tout premier.

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Paris, 1872. On retrouve dans une ruelle sombre le cadavre atrocement mutilé d'une prostituée, premier d'une longue série de meurtres aux résonances ésotériques. Enquêteur atypique, à l'âme mutilée par son passé et au corps d'obèse, l'inspecteur Ragon n'a pour seule arme contre ces crimes que sa sagacité et sa gargantuesque culture littéraire. 


En découvrant que les éditions Libretto republiait ce roman de Fabien Clavel (dont je ne connais pas  toutes les œuvres), tout en appréciant les littératures de l’imaginaire à la française, il était impensable de ne pas se prêter au jeu. Je serai bien en mal d’ajouter quoi que ce soit de plus constructif que ce qui nous est donné à lire avec la postface d’Isabelle Perrier. Sans doute en a-t-elle trop dit même si on ne peut être qu’en accord avec ses conclusions.

Il avait peine à croire que, dans moins d'un an, le vingtième siècle débuterait. Tous ces millénaires d'inventions, d'histoire et d'art pour se vautrer dans un tel raffinement de barbarie. Dans ces muscles dépouillés, ces nerfs, ces os, avait existé une intelligence, un esprit. Ragon n'allait pas jusqu'à l'âme. Devant ce genre de boucherie, l'hypothèse d'un principe vital transcendant confinait au ridicule. Seul demeurait le mystère insondable des corps.


Il s’agit là d’un roman feuilleton foisonnant de références tant littéraires que culturelles, teinté d’ésotérisme et de religion, de clins d’œil à des écrivains comme à des universitaires, linguistes ou chercheurs. Un roman feuilleton dans un Paris morose avec différentes enquêtes étalées dans le temps, toutes bel et bien reliées dans un puzzle dont les pièces s’imbriquent peu-à-peu.

Ces dernières résolues par un inspecteur Ragon pas toujours au meilleur de sa forme tant il grossit d’année en année, tout en se montrant parfois en perte de vitesse du fait d’un deuil l’ayant profondément affecté.

S’il est à la fois le parfait antihéros et l’enquêteur érudit, il semble aussi et surtout le témoin des marges de la société dans un monde en constante évolution. Un témoin plus doué avec les livres qu’avec les humains - ce qui permet quelques facilités scénaristiques par ailleurs -  cherchant justement à mieux comprendre la nature humaine, et peut-être à y trouver sa place.

Une lecture riche comme je les aime, même si j’ai étrangement moins apprécié la seconde partie. Qu’à cela ne tienne : comment résister à cette ode aux livres ?


16/04/2018

avril 16, 2018 0

#BookHaul avril - Un avant-goût de voyages à travers le monde



Le point commun entre le train, et les livres ? Hé, elle est facile celle-là ! Le voyage, pardi ! Néanmoins, si la destination n'est pas toujours des plus enviables en vérité, rien de tel pour prévoir quelques lectures entre admiration des paysages qui défilent à travers la vitre, et petites siestes.


Je me suis donc attelée à constituer ma liste pour cette seconde quinzaine d'avril, histoire de voyager également tant par les mots que par les émotions, avec des auteurs de presque tous les continents. Il faut dire que quitter montagne et mer pour Paris ne m'enchantait guère... Aussi, je vous laisse le plaisir de la découverte.



Coeur cousu, Konbini, Sucre noir, M. Pénombre, une verrière sous le ciel, chiena mieveille, Bacigalupi


  • Le cœur cousu de Carole Martinez - éditions Gallimard

Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises; un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le cœur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement... Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels...

Comment résister aux extraits, ou encore à voyager dans une Andalousie empreinte de mysticisme, et de magie ? Cela m'a rappelé un court texte écrit dans le cadre d'un jeu sur navigateur, où je contais les derniers jours de Paloma qui arpentait des landes désolées en carriole, dans un monde ayant sombré. Forcément, Paloma brodait son propre linceul, y narrant sa vie... Alors à petit souvenir créatif réveillé, cela vaut bien une jolie lecture qui saura peut-être m'émerveiller...


  • Konbini de Sayaka Murata chez Denoël

Depuis l'enfance, Keiko Furukura a toujours été en décalage par rapport à ses camarades. A trente-six ans, elle occupe un emploi de vendeuse dans un konbini, sorte de supérette japonaise ouverte 24h/24. En poste depuis dix-huit ans, elle n'a aucune intention de quitter sa petite boutique, au grand dam de son entourage qui s'inquiète de la voir toujours célibataire et précaire à un âge où ses amies de fac ont déjà toutes fondé une famille. En manque de main-d’œuvre, la supérette embauche un nouvel employé, Shiraha, trente-cinq ans, lui aussi célibataire. Mais lorsqu'il apparaît qu'il n'a postulé que pour traquer une jeune femme sur laquelle il a jeté son dévolu, il est aussitôt licencié. Ces deux êtres solitaires vont alors trouver un arrangement pour le moins saugrenu mais qui leur permettra d'éviter le jugement permanent de la société. Pour combien de temps... 

Nouveau détour en un tour de page ! Au Japon cette fois-ci avec un roman qui évoque les pressions sociales extrêmement fortes au pays du soleil levant, ainsi que les différences et l'acceptation de soi.

  • M. Pénombre libraire ouvert jour et nuit de Robin Sloan chez Michel Lafon

Clay Jannon, webdesigner, se retrouve au chômage quand la récession frappe San Francisco. Le hasard le mène jusqu’à la librairie de l’étrange M. Pénombre, ouverte 24 heures sur 24, où il est embauché pour le service de nuit. Il découvre un lieu aussi insolite que son propriétaire, fréquenté par les membres d’un drôle de club de lecture. Ceux-ci débarquent toujours au milieu de la nuit, vibrant d’une impatience de drogués en manque, pour emprunter l’un des très vieux et très poussiéreux volumes relégués sur les hautes étagères du fond de la boutique. Volumes que, justement, M. Pénombre a formellement interdit à son nouvel employé de consulter sauf que Clay succombe à sa curiosité...

Le résumé en dit trop de mon point de vue, mais mélanger une mystérieuse librairie, des références aux jeux de rôle, ainsi qu'une drôle de quête avec d'énigmatiques manuscrits... La curiosité l'a emporté sur le reste !


  • Celui qui dénombrait les hommes de China Miéville chez Fleuve édition

Dans une ville étrange, à l'écart du monde, vit un homme violent, avec sa femme et son fils... Comme suspendue dans les airs, la ville est à cheval entre deux montagnes, coupée par un gouffre, réunie par un pont. Un pont dont les orphelins livrés à eux-mêmes ont fait leur royaume. Plus haut dans la montagne, à l'écart de l'agitation de la cité peuplée de marchands, de marginaux et de magiciens, vit le faiseur de clés, avec sa femme et leur enfant. Un jour, son fils déboule dans les rues, comme s'il avait le diable à ses trousses. Son père a tué sa mère, et l'a jetée dans un trou si profond que l'on n'en voit pas le fond, affirme-t-il. Mais faute de preuve, on préfère ne pas le croire. Alors c'est auprès des enfants du pont que le petit garçon va se réfugier. Jusqu'à ce que son père le retrouve. Heureusement, bientôt, arrive en ville un recenseur, celui qui dénombrait les hommes...

On revient au Royaume-Uni avec ce singulier roman dont le monde ne s'entraperçoit qu'à travers le regard d'un jeune garçon. Ayant pas mal entendu parler de cet auteur, j'étais curieuse de le découvrir. J'ai donc opté pour l'un de ses romans qui a fait le moins de bruit...

  •  La fille flûte et autres fragments de futurs brisés de Paolo Bacigalupi - Au diable Vauvert

Nominées ou lauréates des plus grands prix, ces dix nouvelles ont fait la notoriété de Paolo Bacigalupi et posé le saisissant univers postpétrole de ses fictions ainsi que les thèmes sociaux, politiques et environnementaux chers à l'une des voix les plus puissantes de la science fiction contemporaine.  

Une courte halte aux états-unis, eh ui ! Notons que je me moque bien de savoir si ces nouvelles ont été primées. Puis j'ai également "La fille automate", et "Les ferrailleurs des mers" dans ma pile à lire, pensez-vous... Si j'avais feuilleté quelques pages du premier, je me suis dit que mieux valait quelques courts récits surtout s'ils abordent une période post-pétrole. Par ailleurs, j'ai une préférence pour la lecture de nouvelles, car c'est incomparable pour se plonger dans l'univers d'un auteur de science-fiction avant d'entamer du plus lourd. J'avoue également un faible pour ces titres plutôt poétiques.


  • Une verrière sous le ciel de Lenka Hornakova-Civade chez Alma éditeur

Dans les contes de mon pays, il y a souvent trois fées qui se penchent sur le berceau du bébé pour lui souhaiter une vie de telle ou telle couleur, sous de bons auspices ou au contraire pleine d’embûches. À quoi cela tient-il ? À leur bonne humeur ? » Il était une fois, en 1988, une jeune fille envoyée en colonie de vacances en France par le parti communiste tchécoslovaque. Au dernier moment, sur le quai de la gare de l’Est, Ana refuse de rentrer. Elle vient d’avoir 18 ans et décide de changer le cours de son destin. Écrit avec la même splendide énergie que Giboulées de soleil (Prix Renaudot des lycéens 2016), Une verrière sous le ciel nous place dans le Paris de la fin des années 1980, auprès d’un personnage qui se demande comment grandir, être libre, connaître le monde au-delà des apparences. Elle le découvrira à travers les mots et les gestes des autres.

Nous voilà entre France et Tchécoslovaquie à la fin des années 80, avec un personnage qui se cherche, et cherche tout autant à s'émanciper.


  • Sucre noir de Miguel Bonnefoy chez Payot et Rivages

Dans un village des Caraïbes, la légende d’un trésor disparu vient bouleverser l’existence de la famille Otero. À la recherche du butin du capitaine Henry Morgan, dont le navire aurait échoué dans les environs trois cents ans plus tôt, les explorateurs se succèdent. Tous, dont l’ambitieux Severo Bracamonte, vont croiser le chemin de Serena Otero, l’héritière de la plantation de cannes à sucre qui rêve à d’autres horizons. Au fil des ans, tandis que la propriété familiale prospère, et qu’elle distille alors à profusion le meilleur rhum de la région, chacun cherche le trésor qui donnera un sens à sa vie. Mais, sur cette terre sauvage, étouffante, la fatalité aux couleurs tropicales se plaît à détourner les ambitions et les désirs qui les consument.

Comme je n'aime plus Paris, et que je vais en arpenter le bitume un petit moment... Je me suis dis que repartir pour des contrées plus exotiques sous couvert d'un trésor, d'une frégate abimée dans les arbres - Oui, oui ! - de conte philosophique, tout en suivant trois générations d'une même famille cultivant la canne à sucre, et ce même si je préfère le miel au sucre, ou le thé au rhum... Eh bien, tout cela me semblait fort prometteur et alléchant !

 Voilà donc une longue liste, bien que je ne sois pas certaine de tout lire dans les délais en sachant que d'autres livres sont arrivés entretemps. Néanmoins, j'aime toujours autant découvrir de nouveaux horizons, ainsi que de nouveaux auteurs. Je ne suis pas friande de drames familiaux, ni de secrets de famille donc je me suis surtout laissée inspirer par des thématiques qui me parlent.


Si vous projetez de lire ces romans, que avez eu l'occasion de les lire, et que vous les ayez apprécié ou non : n'hésitez pas à commenter ou me transmettre le lien de vos critiques. En attendant, j'ai une valise à boucler !

 

07/04/2018

avril 07, 2018 0

Event / 48h de la BD du 6 au 7 avril !


Après le dernier festival d’Angoulême en début d’année : Les 48 heures de la BD en France et Belgique du 6 au 7 avril ! 



Kaamelot, voyages extraordinaires, enfants de la résistance, platinum end

Evènement organisé depuis cinq ans pour promouvoir la lecture dont et surtout les bandes dessinées avec notamment onze albums dont des mangas à 2 euros. A noter que les sommes récoltées serviront à acheter des livres aux CDI, bibliothèques et lieux de culture pour permettre aux jeunes de lire gratuitement ! Et ça, c'est une chouette initiative !


Ainsi retrouvera-t-on le premier album de Kaamelott, du steampunk avec le tome 4 des voyages extraordinaires. Les Enfants de la résistance pour une plongée en pleine seconde guerre mondiale, des mangas avec le premier tome de Platinum End ou To your eternity. Les adolescents pourront également suivre « Mistinguette » en quête de bonheur et d’intégration dans son nouveau collège. Viennent ensuite plusieurs BD axées humour et donc pour tous les goûts !



48h de la BD France Belgique


Plusieurs événements - 350 indiqués par le site - sont également prévus à travers les 1500 librairies de France et de Belgique que vous pourrez retrouver en ligne via la carte interactive.

Tout le programme détaillé en suivant ce lien-ci

Dernières heures donc pour offrir ou se faire offrir ces albums - voire d'autres ! - et découvrir quelques univers en bulle !

04/04/2018

avril 04, 2018 0

Lovecraft, l'intégrale prestige : Financement participatif par les éditions Mnémos



Pour les inconditionnels de Lovecraft, aimant replonger dans la folie profonde et tentaculaire des grands anciens ou ne craignant pas de partir sur la piste du Necronomicon : Les éditions Mnémos ont lancé un financement participatif - qui a fait grand bruit et est un franc succès - sur la plateforme Ulule pour une intégrale de 7 volumes en éditions prestige avec une livraison en 2019. On y retrouvera également des essais, des poèmes de jeunesse de l’auteur, ainsi que quelques correspondances…  Attention toutefois : Il ne reste cependant que trois petits jours avant la clôture de ce crowfunding qui se déroule ici





Intégrale entièrement retraduite par David Camus, avec des  couvertures rigides illustrées par le peintre Zdzisław Beksiński à qui reviennent les crédits pour l’image utilisée ci-dessus et reliure demi-toilée.  Bien entendu, de nombreux pledges et autant de contreparties sont disponibles. En bref : De quoi réjouir les collectionneurs !




29/03/2018

mars 29, 2018 0

BD - Première neige - Corbeyran & Byun chez Kana




Quand j'étais haute comme trois pommes, je plongeais volontiers dans les bandes dessinées. Notamment les "Boule et Bill", ou les Tomtom et Nana que je retrouvais dans la collection "j'aime lire" dont foisonnait la petite bibliothèque du quartier. Puis, j'ai grandis en délaissant les lectures graphiques et enfantines pour m'immerger dans tous les romans qui me tombaient sous la main. Cependant, je concède sans culpabilité l'aveu de faiblesse avec un léger retour aux sources. Notamment lorsque les couvertures sont alléchantes et les planches tout autant. Ce qui est le cas avec Première neige publié en 2009 qui a su me séduire.






Mais de quoi ça parle ?

Juste après leur lune de miel, un jeune couple s'installe dans une vaste maison en pierre, isolée au cœur de la campagne. Les saisons se succèdent et, tandis que l'hiver dépose un voile uniformément blanc sur le paysage, le froid prend possession la demeure... Un froid mordant, paralysant. Un froid contre lequel la jeune mariée s'efforcera de lutter. Jusqu'au bout.


Avec un petit côté manga, nous revisitons une nouvelle librement inspirée de Maupassant dans un camaïeux de couleurs en aquarelle qui se réchauffe ou se refroidit selon l'état d'esprit de cette jeune femme, souvent indécise et peinant à s'affirmer, qui se retrouve mariée plus pour faire plaisir à ses parents que par véritable amour. Passée la lune de miel, l'installation dans la maison familiale de son époux l'éloigne de tout, et même de ce dernier trop accaparé par son travail.Au point de n'être que peu intéressé par les doléances de sa femme se plaignant du froid lorsque les frimas hivernaux s'installent. S'en suivra un choix pour échapper à sa condition, mais à quel prix ?


Une histoire linéaire avec peu de dialogues, assez introspective en somme. Si la jeune femme, bien que rêveuse, m'a paru vraiment manquer de personnalité en se montrant assez passive par ailleurs, j'ai néanmoins apprécié la mise en forme, mais surtout les planches vraiment chouettes !

26/03/2018

mars 26, 2018 0

Partons aux confins de l'univers avec Planetfall d'Emma Newman - éd. Nouveaux millénaires






Dans ma boulimie de lecture hivernale est apparu le roman Planetfall. Outre les éloges sur toutes les plateformes possibles, le synopsis avait su happer ma curiosité. Il en fallut donc peu pour que le livre me tombe entre les mains.




Mais de quoi ça parle ?

Touchée par la grâce, Lee Suh-Mi a reçu la vision d’une planète lointaine, un éden où serait révélé aux hommes le secret de leur place dans l’Univers. Sa conviction est telle qu’elle a entraîné plusieurs centaines de fidèles dans ce voyage sans retour à la rencontre de leur créateur. Vingt-deux ans se sont écoulés depuis qu’ils sont arrivés là-bas et qu’ils ont établi leur colonie au pied d’une énigmatique structure extraterrestre, la Cité de Dieu, dans laquelle Lee Suh-Mi a disparu depuis lors.

Ingénieur impliquée dans le projet depuis son origine, Renata Ghali est la dépositaire d’un terrible secret sur lequel repose le fragile équilibre de la colonie, qui pourrait voler en éclats avec l’entrée en scène d’un nouveau membre, un homme qui ressemble étrangement à Suh-Mi, trop jeune pour faire partie de la première génération de colons...






Planetfall est un planet-opera qui n’effraiera cependant pas les lecteurs peu coutumiers de science-fiction. C’est un court roman qui fonctionne pareil à un huis-clos où l’on découvre peu-à-peu les secrets qui rongent les protagonistes dont Renata, personnage central de l’intrigue et qui en fait toute la saveur de par sa fragilité tout d’abord, le déni de son stress et de ses névroses ensuite. Si les découvertes se font crescendo et par flash-back, la violence de sa mise-à-nue poussive suscite l’empathie. Ainsi faut-il traverser son propre enfer avant de trouver la paix ?

Au final, le côté planet-opéra n’est qu’un prétexte à interroger sur les croyances, la folie, et la vengeance. Après tout, l'humain est-il capable d'évoluer même dans un milieu différent et après avoir tant voyagé pour chercher un "Eden" ? 

Néanmoins, si la petite communauté vit en autosuffisance en recyclant absolument tout et avec de bonnes idées dans les descriptions, on regrettera la surutilisation de l’imprimante 3D – par ailleurs de plus en plus courue dans de nombreux romans -  ainsi qu’une cité de Dieu sous-exploitée même si la fin amène un semblant de réponse suffisante, bien que déjà vu ailleurs. Une réponse beaucoup plus nuancée en termes de spiritualité et de mysticisme que la foi pure et aveugle.

En conclusion, Planetfall est un roman plutôt agréable, en dépit d’une fin qu’on sent venir de loin et de la sous-exploitation de l’environnement pur de ladite planète comme de la fameuse cité de Dieu, élément pourtant central. Enfin, un roman intelligent osant aborder névroses et traumatismes assez complexes en les décrivant avec justesse.

24/03/2018

mars 24, 2018 0

Sortie de Pal janv2018 / Player One d'Ernest Cline




Il arrive parfois des miracles dont la sortie de Pal de Player One en tout début d’année durant des semaines de boulimie livresque intense ! C’est notamment parce que j’avais entraperçu le trailer du film qui sort justement en salle dans quelques jours  que je me suis attaquée à cette histoire promettant de la nostalgie en pixel, et bariolée aux années 80 et 90.




Mais de quoi ça parle ?

Le monde en lui-même se déroulant dans un futur proche (2044) est très peu développé, mais on comprend aisément – en filigrane du moins - que ce futur proche en question est dystopique. Entre crise énergétique, pauvreté, guerre etc. : C’est tout le packaging d’un monde qui sombre, mais qu’importe puisque le citoyens peuvent être heureux dans un autre monde tout ce qu’il y a de plus virtuel : L’Oasis. On peut y faire son parcours scolaire, y gagner de l’argent, créer des mondes différents, avoir sa room pour inviter ses amis… Sauf que le créateur décède, James Halliday de son petit nom, non sans avoir choisi de léguer son empire virtuel et sa richesse à celui ou celle qui découvrira toutes les clefs cachées et autres easter eggs. Forcément, cela intéresse le monde entier dont Wade Owen Watts alias Parzival, ses futurs camarades ainsi qu’une grosse entreprise prête à tout pour mettre le grappin sur la poule aux œufs d’or.


Soyons clairs, ce livre est orienté ado. L’univers m’a fait penser à un mix entre MMORPG et Second Life avec quelques nuances, voire  du Sansar puisque la même société investit désormais dans l’expérience VR depuis quelques années. Si Sansar est graphiquement fluide et impeccable, tout est encore trop limité, mais nous y reviendrons plus tard. 

Ce n’était donc pas stupide que de proposer une adaptation cinématographique à une époque où la réalité virtuelle devient une réalité (fallait que je la fasse), et se démocratise doucement. Monsieur Spielberg a flairé le filon…

Pour en revenir au roman lui-même, les références sont dignes d’une liste trouvée sur Wikipédia et ne m’a pas toujours paru naturelle même s’il y avait quelques petites choses amusantes – et pourtant, je suis une gosse des eighties ! - notamment amenées par un héro qui sait tout sur tout. Immature et avec un sacré gros ego de mon point de vue, Wade n’a cependant aucune faille, se soucie de très peu de choses – à peine du décès de quelques proches - hormis gagner et séduire une jeune fille pour qui il éprouvait de l’admiration au début...  Qu’est-ce que ce fut pénible ! S’il y a un peu de psychologie ou de complexité dans les personnages, elle est vite éclipsée par « Je-sais-Tout ». Les méchants sont stéréotypés au possible et je me suis finalement beaucoup ennuyée au sein de ce récit où je n’ai pas trouvé d’idée novatrice. Le fait que le héro soit le narrateur y est certainement pour beaucoup. Le style avec multiples répétitions reste par ailleurs très limite.

 Lors de la publication du livre, je présume que cela a pu amener un peu de nouveauté. Néanmoins, même si je cherchais une lecture pas prise de tête, c’était encore trop léger à mon goût quand bien même destiné aux jeunes. Je dirais à partir de 13/14 ans. J’espère que le film grand public bourré d’effets spéciaux en aura cependant tiré le meilleur. Et comme je suis curieuse, j’irai certainement me visionner ce blockbuster : Soyons fous ! 

19/03/2018

mars 19, 2018 0

Rideau d'Allan Speller - Esperluète éditions





Deux histoires se croisent, s’enroulent et se répondent. Les deux mêmes personnages ; sa mère et lui. Elle en espère tant, trop. Il n’est peut-être pas à la hauteur. Elle est anxieuse. Ses mots sont maladroits. Sa tendresse, rare, est pudique. Il ne dit rien. Il aimerait une reconnaissance. Au fil des années, une routine – un jeu subtil de non-dits, de reproches à peine voilés – s’organise. Puis, vient ce coup de téléphone. Elle est allongée, entre le hall et la cuisine. Elle ne dit plus rien. Une nouvelle routine s’installe. Il est seul à parler, à agir. Il fait ce qu’il doit faire, machinalement, pendant quelques semaines. Des fragments d’histoires lui reviennent. Il tente d’en recoller les morceaux, de les aligner, de remettre de l’ordre - Éditeur.






Avec beaucoup de retard, j'en viens à publier ma critique sur ce livre lu dans le cadre masse critique. Certains livres arrivent comme un cheveu dans la soupe à des moments où ils sont le reflet de ce qui se trame hors des pages pour soi-même. Etant donné que je suis en deuil, il m'aura donc fallu un peu de temps pour parvenir à tourner les pages et entrer dans ces deux histoires parallèles. 

D'une mère distante, un peu froide, rabaissant son fils à une époque où être gaucher par exemple, n'était pas bien vu, ce qui permet de situer l'époque de l'enfance. Peu de tendresse malgré l'attente dans la vieillesse d'une visite d'un fils alpagué par le travail et la routine. Et les récits se superposent, hachés, épurés, froids comme il est dit souvent ou comme le protagoniste semblant emmuré qui parvient difficilement à exprimer des émotions face à l'inévitable. Inévitable qui fait remonter un puzzle de souvenirs en dressant des portraits fugaces. Fait-il juste ce qui doit être fait ? Ressent-il encore de l'amour pour sa mère ? 

Il en reste beaucoup de non-dit. Notons également un passage rapide sur comment peuvent être traitées les personnes âgées en foyer spécialisé. C'est bref, court et concis, pourtant touchant. Un récit assez intemporel et pudique où chacun(e) se reconnaîtra en pareille circonstance.

07/02/2018

février 07, 2018 0

Il est toujours minuit quelque part de Cedric Lalaury - éd Préludes



Réceptionné via le site Netgalley, ce premier roman de Cédric Lalaury ayant reçu le prix Kobo Fnac a été vite lu durant les fêtes, mais je ne manque pas de retard dans mes critiques alors même que je suis en pleine boulimie de lecture hivernale. Tâchons donc de rattraper les délais !


Mais de quoi cela parle ?


Bill Herrington est un homme heureux. La cinquantaine approchant, il a une femme qu'il adore, deux filles aimantes, et un poste de professeur de littérature dans une prestigieuse école préparatoire. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes... jusqu'au jour où il trouve dans son casier l'exemplaire d'un roman à sensation publié par un mystérieux inconnu : Richard Philip Kirkpatrick. Pas de quoi chambouler le professeur Herrington. 

À un détail près : ce roman raconte une histoire vraie. L'histoire d'un crime dont Bill est persuadé que personne n’en avait eu connaissance. C'est du moins ce qu'il a toujours cru. Ce livre étrange va bientôt envahir l'existence de Bill et tout contaminer autour de lui à la façon d'un virus. Sa vie paisible et confortable, ainsi que son équilibre psychologique, vont vite menacer de voler en éclats sous l'effet dévastateur de ce roman vengeur qui a réveillé tous les fantômes du passé




Classique et sans surprise dans son traitement et son dénouement, ce roman parle avant tout du poids des secrets et de la culpabilité qu’elle entraîne, mais également de semi-pardon et de renoncement après la quête de réponse. Lorsque le secret surgit d’un roman nouvellement publié, une vie entière est remise en question et s’effiloche d’abord dans l’inquiétude, la paranoïa et enfin l’enquête dont on aurait espéré qu’elle se referme tel un piège. Toutefois, ce dernier s’avère ladite culpabilité elle-même avec une fin inéluctable et sans sursis. Non sans un retour épisodique dans le passé avec tous les liens distendus par le temps, lorsque les amitiés d'autrefois sont finalement devenues étrangères.

Récit tout en lenteur et donc avec pas mal de longueurs, presque un huis clos. Le lecteur se laisse néanmoins happer par la curiosité. Quelques regrets cependant quant au fait que les écrivains français apprécient bien trop que leurs intrigues se déroulent toujours aux États-Unis, rarement ailleurs.

31/01/2018

janvier 31, 2018 0

La faim blanche - Aki Ollikainen éd la peuplade ou Heloise d'Ormesson



Le récit de la Faim Blanche dévoile un pan d’histoire de la fin du 19ème siècle au sein d’une Finlande broyée par les bises glaciales et la neige, mais surtout la famine qui s’incise, ronge et tue après de mauvaises récoltes, tandis que la politique s’oriente dans une quête d’autonomie du pays. Notamment via la construction d’un chemin de fer pour rallier Saint-Pétersbourg et la création d’une monnaie.


De quoi cela parle ?

1867, la grande famine frappe la Finlande. Pour survivre, Marja est contrainte d’abandonner sa ferme. Seule sa détermination à atteindre Saint-Pétersbourg lui donne la force d’avancer avec ses deux enfants dans l’implacable hiver. Tandis qu’à travers le pays, une population spectrale fuit la misère, à Helsinki, le sénateur, regardant par la fenêtre la neige tomber, médite sur la politique d’austérité. La frontière qui sépare le monde des vivants de celui des morts, les indigents des fortunés, est ténue et vacille sans cesse.







"Les premières étoiles s'allument, et une cape grise drape la faucille de la lune."


Histoire classique s’il en est d’une mère, jetée sur les routes avec ses enfants, souhaitant à tout prix rejoindre la capitale russe d’alors, car symbole d’un avenir plus serein. Sur ces fameuses routes pourtant, nombreux sont les pauvres erres cherchant refuges et de quoi se sustenter, de village en village et de porte en porte sous le mépris des uns ou la pitié des autres, comptant sur la générosité de ceux qui sont restés. Bouillon clair assaisonné de sciure jusqu’aux rumeurs de cannibalisme… Tout est bon pour refréner cette faim qui tenaille et rend fou, tenir debout alors même que les forces s’amenuisent et que la maladie s’en mêle.

Nous suivons également quelques autres personnages dont des mieux lotis, observant le tout d’un regard lointain quand d’autres décident d’aider les plus démunis, jusqu’au croisement et dénouement final, qui amènera un brin de lumière et d’espoir quand cette famine aura éradiqué un tiers de la population finlandaise.

Effet d’empathie ou non, on a vite froid et faim tout autant que les protagonistes durant la lecture, pitié d’eux et ce, jusqu’à se rendre compte à quel point nous sommes chanceux dans un monde contemporain où la surproduction et le gâchis alimentaire sont de mise. On finit par transposer cette faim qui touche encore tant de pays à une époque où elle devrait être éradiquée et, même à certains coins de rue juste à côté de chez nous, où certains crèvent encore la dalle et n’ont même pas de quoi se loger. Enfin, face à de semblables circonstances, la lectrice que je suis s’est mise à trembler intérieurement en se disant qu’elle ne survivrait ou n’aurait pas survécu bien longtemps. Comme quoi, le pouvoir et la force de certains livres…


14/01/2018

janvier 14, 2018 0

Révoltées de Carol Trebor - Rageot éditeur



Parmi les services presses reçus sur netgalley, voici une rapide incursion dans le passé par une autrice fortement attachée à la Russie.


Mais de quoi ça parle ?

Moscou, octobre 1917. La Première Guerre mondiale fait rage et le règne des tsars vient de prendre fin cédant la place à un gouvernement provisoire sourd à la détresse du peuple russe. Tandis que Lena, 17 ans, rejoint les rangs des révolutionnaires qui préparent l’insurrection, sa sœur jumelle Tatiana rêve d’une carrière au théâtre. Ensemble elles veulent contribuer à construire un nouveau monde. Ensemble elles veulent y conquérir une nouvelle place.



Révoltées est un très court roman pour jeunes adolescents  qui permet de découvrir un moment clef de l’histoire russe, mélangeant différentes formes de révolte : De sanglants combats dans les rues à la création d’un spectacle reprenant les poèmes de Maïakovski en abordant le « futurisme ». L’histoire ne se déroule qu’à travers les yeux de Tatiana ayant choisi l’art comme arme, à l’inverse de sa sœur. La vraie Tatiana a d’ailleurs entretenu une brève relation avec le poète en question.


La moralité, l'idée de se battre pour ses idées, la religion, l’esquisse d’un avenir, la famille et bien entendu l’amour trouvent une place fondamentale dans la construction des protagonistes. Malheureusement, l’issue de la révolte telle qu’on la connait ne comblera pas toutes les espérances. Un épilogue complété par différents documents et des explications plus abouties permettront aux jeunes lecteurs et lectrices de mieux comprendre ce pan d’histoire de la Russie et les débuts du régime communiste. 

Le style est fluide, trop moderne et naïf sans doute par rapport à la réalité, mais suffisamment accessible pour plaire au public cible qui ne saurait passer à côté. Et ce, dès le collège. 


12/01/2018

janvier 12, 2018 0

Dragon de glace - G.R.R. Martin chez Flammarion



On ne présente plus Georges R. R. Martin avec son jeu des trônes ou trône de fer. Ne me sentant pas d’attaque pour débuter la grosse saga devenue culte – surtout vu le nombre de tomes - mais me laissant bercer par chaque saison de la série adaptée, j’ai donc  préféré piocher dans les autres écrits de l’auteur. C’est tout naturellement, et encore une fois dans le cadre du cold winter challenge, que je me suis attaquée à ce petit recueil de quatre nouvelles, déjà bien chroniqué sur de nombreux blogs et sites !




Mais au fait : De quoi ça parle ?

"D'un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d'un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S'il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S'il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n'en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. La dragon de glace soufflait du froid."

Auteur du fabuleux cycle du Trône de Fer, George R. R. Martin nous prouve à travers les quatre nouvelles de ce recueil qu'il est aussi bon romancier que noveliste. Il sait tisser des intrigues passionnantes et des personnages puissants, aussi attirants qu'inquiétants. Ce recueil contient aussi L'Homme en forme de pore, prix Bram Stocker et Portrait de Famille, prix Nebula.







Outre la petite déception du fait que l’intitulé du recueil ne concerne que la première nouvelle, j’ai néanmoins apprécié la plume de l’auteur. Première nouvelle ou conte d’ailleurs, concernant le récit initiatique d’une jeune fille de l’hiver prénommée Adara pouvant chevaucher un dragon de glace. L’histoire est classique, revue et sans surprise même si je me suis laissée entraîner sans bouder mon plaisir. Il en va de même avec "Dans les contrées perdues" revisitant les mythes de la sorcière et du loup garou suite à un caprice de princesse. Prévisible à souhait… Rappelons d'ailleurs qu’il est bon d’être prudent avec ses souhaits !

La troisième nouvelle aborde les différences et la peur de l’autre avec toutes les projections possibles, poussées au paroxysme avec "L’homme en forme de poire". Plus contemporaine, aboutie, marquante. En dépit de quelques longueurs qui m’ont passablement ennuyées, la tournure malsaine et poisseuse n’a rien à envier à du Stephen King.

Enfin, « portrait de famille » qui nous mène entre réalité et fantasme, drame de famille et vengeance où les barrières sont floues tout en exploitant un peu de Dickens et de Poe pour donner vie à des visiteurs nocturnes.

Une lecture somme toute mitigée, mais qui aura su par certains égards, quelque peu m'émerveiller et me faire frissonner durant une petite heure en me permettant d’aborder cet auteur avec un brin de facilité.