03/02/2020

[Le cœur cousu | Carole Martinez]

Un premier roman poétique sur la différence, la quête d'indépendance des femmes, tout comme la filiation.

Lu en 2018




Frasquita Carasco a dans son village du sud de l'Espagne une réputation de magicienne, ou de sorcière. 

Ses dons se transmettent aux vêtements qu'elle coud, aux objets qu'elle brode : les fleurs de tissu créées pour une robe de mariée sont tellement vivantes qu'elles faneront sous le regard jaloux des villageoises. Un éventail reproduit avec une telle perfection les ailes d'un papillon qu'il s'envolera par la fenêtre : le cœur de soie qu'elle cache sous le vêtement de la Madone menée en procession semble palpiter miraculeusement...

Frasquita a été jouée et perdue par son mari lors d'un combat de coqs. Réprouvée par le village pour cet adultère, la voilà condamnée à l'errance à travers l'Andalousie que les révoltes paysannes mettent à feu et à sang, suivie de ses marmots eux aussi pourvus - ou accablés - de dons surnaturels... 


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Je me rends compte que je n'ai toujours pas posé ma critique sur ce livre qui fût un coup de cœur. Sans doute parce que tout a probablement déjà été dit. 

Un coup de cœur ? Eh oui ! Pour le style poétique, les chapitres contés, mais également comme toile de fond la transmission des poids et devoirs intergénérationnels, comme autant de schémas répétitifs qui finissent par être brisés par la génération suivante lorsque la précédente a tenté de s'en affranchir jusqu'à la folie.

Ce roman est une véritable ode à la femme, de la difficulté de l'être sous tous ses aspects fragiles et mystérieux. Femme, mère, et épouse tout à la fois. Bref, une très belle lecture qui m'a marquée.


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