23/12/2017

décembre 23, 2017 0

Les vies multiples d'Henry Quantum - Pepper Harding

Chez Michel Lafon


De quoi cela parle ?

Le 23 décembre, Henry Quantum s’aperçoit qu’il a oublié d’acheter un cadeau pour sa femme Margaret. Simple oubli ou signe de désamour ? Comment le savoir quand on s’appelle Henry Quantum et que mille pensées vous traversent l’esprit à tout moment ? De l’existentialisme au vide cosmique en passant par le bouddhisme, les diversions se multiplient alors qu’il chemine dans les rues de San Francisco à la recherche du cadeau parfait : un flacon de Chanel N° 5. Pendant sa marche, il rencontre Daisy avec qui il a eu une liaison et ce simple échange inverse le cours de sa pensée. Et s’il s’était trompé d’histoire d’amour ?

***


Voilà un roman abordant avec malice la crise de la quarantaine et le couple qui bat de l’aile, la perpétuelle remise en question quant aux choix de vies et ses bifurcations durant la veille de noël, sous couvert d’une quête de cadeau pour mieux ancrer la prise de conscience.  Les remords, les regrets, la nostalgie des débuts, les croyances infondées, ce qui est projeté sur l’autre et les attentes jamais satisfaites car issues de fêlures personnelles…  


Se connait-on vraiment même après plus d’une décennie de mariage ? Peut-on être différent d’une paire d’yeux à une autre ? Sans nul doute lorsqu’il est plus question d’alchimie que de théories quantiques. 



Là-bas, sur la baie, les voiliers ressemblaient à des pierres posées sur un jardin zen, même si elle savait qu'ils filaient en se cabrant et en fendant la houle. Il lui apparut soudain que ce contraste était d'une grande beauté, cette façon dont la distance fige les choses, leur retire toute vie, toute individualité, en fait les éléments d'une vaste fresque que les dieux, peut-être, pouvaient contempler. Les occupants de ces bateaux étaient, qui sait, en train de faire l'amour, de pêcher ou de prendre leur petit déjeuner, autant d'activités qui devaient leur paraître tout à fait essentielles, tout à fait concrètes. Mais, à cette distance, tous les plaisirs de la vie s'évaporaient, tel le brouillard qui s'installe le matin - le brouillard de la passion, qui recouvre tout - avant de se dissiper en laissant derrière lui une sorte de clarté surnaturelle, un temps suspendu, une fin des temps, une vision de la perfection.


Personnages bien construits et fouillés, plume fluide et style fort agréable malgré quelques longueurs. Une fin prévisible que j'espérais différente... Un paragraphe inutile, inopiné, dédié au jargon savant sur l’étude de l’œil m’a, par contre, particulièrement ennuyé, cassant ma lecture tout en tranchant net avec le style du roman sans ne rien apporter à l’histoire. 

Les turpitudes du commun des mortels à laquelle tout le monde peut s’identifier donc, à travers une brève tranche de vie coupée entre plusieurs personnages. Je n’ai pas déprécié cette histoire, j’en ai même souligné certains jolis passages. Cela reste une petite lecture assez classique, faisant songer aux téléfilms et autres séries tv sur les mêmes thématiques, néanmoins éloignée de ce que je lis habituellement, mais qui pourra toutefois plaire aux férus du genre.

Un merci à l'éditeur et au site Netgalley pour m'avoir permise de découvrir cette autrice que je relierai à l'occasion au fil de ses publications.
décembre 23, 2017 0

Petit coup de cœur avec Sirius de Stéphane Servant

Sirius de Stéphane Servant aux éditions du Rouergue


Un roman post-apocalyptique destiné à la jeunesse par une plume poétique à souhait… J’ai sauté dessus. Pour une fois, nul reproche à faire. C’est un livre que je remettrai aisément entre les mains d’adolescents sans sourciller car cette histoire reste un petit coup de cœur.


De quoi cela parle ?

Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever son petit frère, Kid. Réfugiés au cœur d'une forêt, ils se tiennent à l'écart des villes et de la folie des hommes... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route. Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livre au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius.

Outre l’écriture lumineuse aux multiples métaphores et quand bien même la fin m’a laissé sur ma faim à cause d’une régression quelque peu violente à mon goût, j’ai apprécié le voyage. Il y est question d’écologie, d’ode à la nature,  de dérives sur les croyances et d’obsessions,  harcèlement au travers d’un sombre personnage incapable d’évoluer, des failles et faiblesses humaines où chacun.e est susceptible de s’embourber par égo, par chagrin, par la nécessité de survivre…

Au-delà de tout ceci, l’accent est mis sur le vivant interconnecté avec une conscience plus élevée chez Kid qui garde de cette flamboyance propre à l’enfant intérieur. Cet enfant intérieur que nul ne devrait perdre en grandissant,  ce qui semble être le cas de l’auteur dont j’ai compulsé un peu le blog. 

Il y a de la spontanéité, des moments même assez drôles, mais jamais aucun jugement n’émanant de ce petit garçon qui a été préservé des vices et dérives pour finalement évoluer à travers cette connexion à la Terre et aux animaux, tout en étant capable de simplement accepter, de vivre au présent et à également pardonner sans tiraillement lié à un ego destructeur... A la fois lien, à la fois guide, à la fois la personnification d’une rédemption notamment pour Avril et le conteur, même si ce dernier avait déjà entamé le processus. 

Force est donc de constater que ce personnage ne laisse pas indifférent le lectorat et pour cause, il reste le socle de l’histoire.

Après les nombreuses dystopies publiées, il semble y avoir ce nouvel engouement pour retourner à la source de tout. Une forme de régression pour amener l’humanité à progresser différemment en harmonie avec la nature et c’est en substance, ce que raconte ce roman. Etant extrêmement sensible aux thématiques, je me suis demandée s’il n’y avait pas une quelconque sorte d’éveil inconsciente également chez de nombreux auteurs au vu de succès, par exemple, de la vie secrète des arbres. Sachant que cela me parait absolument édifiant que les gens ne découvrent ces choses-là uniquement par ce biais, ce qu’il est si aisé de ressentir au fond de soi alors même que les premiers humains en étaient pleinement conscients.

Au-dessus, il y avait tant de rayures mordorées que la nuit ressemblait à une broderie orientale ou à une toile de ce peintre à l’oreille coupée dont Avril avait oublié le nom. Les étoiles semblaient toutes filer vers l’est.

Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, complexe en soi, mais ce roman évoque tant un parcours initiatique que spirituel. Avril personnifie cette fameuse prise de conscience, d’abord entre remords et regrets, ne croyant qu’en peu de choses excepté à la nécessité de survivre en protégeant son frère et d’échapper au danger la poursuivant sans cesse, jusqu'à ce que...

En bref, j’ai véritablement passé un bon moment avec cette lecture ayant forcément trouvé de l’écho face à ma propre perception et conscience du monde.

01/12/2017

décembre 01, 2017 0

Découvrons ensemble ma PAL du Cold Winter Challenge 2017 !



Une fois n'est pas coutume, je me suis décidée à tenter ce challenge proposé par la chaîne Margaud Liseuse, complété par un groupe facebook pour échanger autour des lectures. Cela débute aujourd'hui et ce, jusqu'au 31 janvier prochain.  J'ai essayé de varier les plaisirs, genres, voyages et auteurs provenant de différents horizons.


J'ai quelques réserves sur les fiancés de l'hiver, et il n'est pas improbable que je rajoute d'autres bouquins qui ont pu titiller ma curiosité en jetant un œil aux PAL des autres participant(e)s.


Ainsi, ai-je déjà ajouté Sirius de Stéphane Servant dont la plume poétique m'aimante et m'amuse aussi déjà. 

Malgré un goût de fin du monde et que cette histoire soit destinée à un public jeunesse, je me laisse tenter. Notamment pour avoir fouiné sur le blog de l'auteur qui semble vraiment aimer écrire sans avoir perdu son âme d'enfant.

J'espère donc un joli voyage

Pour le challenge donc, essayons de caser chaque titre dans les différentes catégories !

La magie de noël 

  • Les noëls électriques (éd. moutons électriques)
  • Les vies multiples d'Henry Quantum de de Pepper Harding
  • Un goût de cannelle et d'espoir de Sarah McCoy


Flocons magiques


  • Dragon de glace de G.R.R Martin
  • Les fiancés de l'hiver - Tome 1 de Christelle Dabos


Marcher dans la neige

  • La faim blanche d'Aki Ollikainen
  • Sous le ciel de l'Altaï de Juan Li
  • Antartida de Francisco Coloane
  • Retour dans la neige de Robert Walser
  • Sirius de Stéphane Servant
  • Neige de Maxence Fermine
  • Bonsoir, la rose de Chi Zijian


    Stalactites ensanglantées

    • Un cri sous la glace de Camilla Grebe

    Et voilà ! Des romans de toutes les tailles, des nouvelles, des contes... De quoi rire, s'émerveiller, s'émouvoir et rêver sous un plaid et avec un thé bien chaud. Et en ce moment, je fonds avec le thé vert orange-cannelle de chez Alter Eco...







    27/11/2017

    novembre 27, 2017 0

    Partons chez les amérindiens avec Chaman de Maxence Fermine





    Depuis la lecture d’Amazone et d’Opium, ainsi que la petite marchande de rêves, j’aime la plume de Maxence Fermine. Neige étant dans ma pal pour le cold winter challenge. C’est donc d’un fiévreux clic que j’ai sollicité l’éditeur Michel Lafon que je remercie au passage, via le site netgalley, pour le dernier sorti. A savoir "Chaman".

    Nouvellement inscrite, je salue l’initiative ainsi que les éditeurs qui se prennent au jeu. En effet, je n’y croyais pas et pourtant, l’ebook m’attendait dès le lendemain. Alors, forcément, j’ai sauté dessus sans me faire prier !

    Résumé : « Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été si proche du ciel. Et pour cause. Il se tenait en équilibre sur une poutrelle d’acier, à près de soixante mètres de hauteur. Parvenu au bout de son perchoir, il s’arrêta, retint son souffle, et contempla une dernière fois le paysage qui s’offrait à lui, telle une flaque d’or blanc. Il pensa que la vue était sublime, et la vie, terriblement fragile. Un souffle de vent, un faux pas, et il disparaîtrait à jamais. Il s’envolerait tel un oiseau dans les nuées. Il n’avait jamais été vraiment sujet au vertige. Jusqu’à aujourd’hui. »


    J’étais donc ravie de pouvoir lire ce roman-ci. Malheureusement, je crois que plus le temps passe, plus je deviens difficile, espérant toutefois ne pas finir en lectrice blasée… 

    Titre, couverture immaculée,  auteur et synopsis. Tout était là pour m’offrir un bon moment de lecture. Autant, je fus sensible aux thématiques. Autant, j’en suis ressortie avec un « bof ». Littéralement.  Je n’ai pas adoré, je n’ai pas détesté mais je n'ai pas été transcendée ni transportée comme ce fut le cas avec Amazone.

     Ce roman traite donc du retour aux racines d’un homme en deuil, esseulé, cherchant la solitude et peinant à se lier. Un homme qui comprendra la vacuité de sa propre existence, la remettant en cause. Existence qu’il finira par vivre (ou remplir), en accéléré grâce à des prises de consciences auréolées de quelques fulgurances. Une redécouverte de soi nimbée de spiritualité, de fantastique et d’un brin de légende. 

    Si l’idée de départ est bonne et parlera à chacun pour le ré ancrage à la source, aux proches avec lesquels on se sent en harmonie et avec qui on trouve sa place,  à la nature, ne plus se mentir à soi-même, assumer tout ce qui forge notre identité, tout en reconsidérant les conséquences de la colonisation…

    J’ai néanmoins trouvé le tout survolé, approximatif et guère approfondi avec une plume bien moins poétique qu’à celle dont j’étais coutumière. De mon point de vue, une plume qui m’a paru essoufflée, le tout saupoudré d’une histoire qui aurait mérité plus de développement et coupée par une fin abrupte. L’impression que Monsieur Fermine n’est pas vraiment allé au bout de toutes ses idées, ce qui m’a donné une impression de fadeur. J’aurais voulu plus de descriptions et d’envolées, plus d’immersion également. Il me manquait vraiment quelque chose.

    Cela reste une tranche de vie émaillée d’histoire, avec un grand H amenée façon wikipédia donc maladroite à mon goût, malgré les jolies citations à chaque chapitre.  Néanmoins, il y a une mise en lumière de la condition actuelle des amérindiens à laquelle je suis sensible et qui semble avoir touché l’auteur. 

    Ne parlons pas de l’animal totem surfait qui m’aura fait hurler à la lune, sachant qu’il n’est nul besoin de drogue pour le/les découvrir. La prise d’ayahuasca décrite sans purification du corps et à jeun prête à sourire, vu comment cela met les tripes à l’air… C’était certainement plus glamour et vendeur de passer outre.

    Par ailleurs, je n’ai pas foncièrement ressenti beaucoup d’empathie pour les personnages, juste apprécié quelques descriptions métaphoriques concernant l’une des protagonistes.  Les seules que j’ai vraiment trouvées poétiques. 

    Il va de soi que le livre doit rester court, grand public, mais… Mais zut. Pour un auteur flirtant souvent avec la spiritualité et différentes cultures à travers le monde, prompt à évoquer chaque facette humaine : c’était en deçà et ainsi ai-je été déçue. A moins que mes attentes étaient trop grandes ? Je l’ignore. Suis-je passée à côté de plusieurs détails ? Peut-être. 

    Cela reste toutefois un très court roman intéressant pour ceux qui méconnaissent la culture amérindienne et souhaitent s’y plonger en douceur.  Un petit voyage initiatique de quelques heures léger dans son traitement mais pas dans ses thèmes, tout en restant bien au chaud sans avoir à prendre l’avion.


    25/11/2017

    novembre 25, 2017 0

    Anticipation "feel good" avec Station Eleven - Emily St John Mandel




     - C’est un livre qui ne raconte rien… Mais il faut le lire. C’est difficile à exprimer. 
    - Cela doit être bien si tu l’as fini en une journée…
    - Oui, mais... Je ne sais néanmoins toujours pas dire si je suis mitigée ou pas. Pour comparer, c’est comme « La route », mais en bien plus lumineux, moins spectral avec des codes auxquels je peux m’identifier. De l’anticipation feel good ?! Dans tous les cas, j’y retrouve des éléments qui me ressemblent, me sont familiers, ce que je sais que je ferai en situation similaire. J’aime la toile tissée entre les personnages, l’humanisme qui s’en dégage  et les allers-retours entre passé et présent. Ce qui pousse au final à tourner les pages…
    - Si cela ne raconte rien, alors…

    Synopsis : Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord. Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…




    Et la dernière page  fut tournée. Miracle. Un livre sorti de ma PAL ! Durant ma précédente lecture chroniquée sur ce blog, je me demandais quoi lire ensuite et mon choix s’est naturellement tourné sur « Station Eleven » d’Emily St. John Mandel chez Payot et Rivages. Une brève discussion en cours et fin de lecture. J’ai peiné à exprimer mes ressentis.  Je n’ai étrangement aucun commentaire sur la plume de l’auteur, ayant été plus sensible à ce qu’elle transmettait à travers ce récit.



    Il ne se passe rien ? Ce n’est juste pas un livre façon blockbuster où les héros sont supposés sauver le monde d’une quelconque corporation machiavélique ayant usé de bioterrorisme pour détruire l'humanité. La phrase peut donc paraître péjorative, mais ce n’est nullement le cas. Au contraire, il se passe la vie, le temps, les liens et des destins qui s’entrecroisent fugacement dans un contexte qui, personnellement, me fait froid dans le dos rien que de l’imaginer. Sans évoquer le virus qui touche la population, l’idée même de se retrouver sans eau potable, électricité, internet et tout le confort auquel nous sommes habitués et sur lequel nous nous appuyons plus que de raison est effrayant. Pourtant, certains vivent très bien sans à travers le monde.

    Anticipation et dystopie sont monnaie courante, mais je ne peux même pas parler de dystopie ici. Moi qui m’intéresse beaucoup à comment tournerait le monde si tout s’arrêtait du jour au lendemain, ma vision est très proche de l’auteur qui a mis en avant trois points intéressants. La bibliothèque, la troupe de théâtre et le musée de la civilisation. Lorsque j’imagine un monde similaire, ce qui est forcément le cas par le biais du roleplay sur des jeux à thématique post-apocalyptique, j’ai spontanément la volonté de vouloir explorer la quête de savoir et le partage des connaissances avec les personnages que j’incarne.

     Récupérer des livres pour monter une bibliothèque, des instruments de musiques, CD, du matériel de projection et des films, quitte à devoir fabriquer des générateurs avec des batteries de moto et j’en passe… Plutôt que jouer la survie en elle-même, malgré que je m’oriente toujours vers une volonté d’utopie. Des jeux comme « ApocalypseWorld » et « A quiet year » se prêtent d'ailleurs bien à l’exercice.

    Je digresse ? Pas tant que cela, je fais des liens puisque ces détails sont bel et bien ancrés dans le roman que nous propose Mandel. Si elle aborde la survie, la difficulté de vivre en communauté, tout reste léger. Bien-sûr, les thématiques sont plurielles et englobent l’humain en finesse avec un agencement des chapitres qui donne de l’élan et du souffle au récit.  Une toile ciselée, lumineuse, faite de choses simples qui peuplent plusieurs vies en les reliant par des souvenirs, des regrets, des objets, beaucoup d’humilité et l’acceptation. Notamment du passé et de soi. Un récit où finalement le temps semble suspendu durant la reconstruction avec une fin assez ouverte. Je n’aurais toutefois pas été contre un ou deux chapitres en plus, voire un épilogue.  

    Notons que deux personnages m’ont bien plus touché que les autres. Miranda et Jeevan. Pour ce dernier, je ne sais néanmoins toujours pas ce qu'il devient... 


    Ce que pourrait être le comics évoqué dans le roman...


    Pour conclure, une simple - et pourtant - complexe histoire plurielle et bien construite, lumineuse, profondément et positivement axée sur l’humain dans un contexte où la majorité des auteurs mettent en exergue la bassesse et les plus noirs côtés de nos congénères. Le côté survivaliste n’est pas très développé, pas exploité voire mal documenté et donc assez superficiel ; mais ce n’était pas le but car survivre ne suffit pas. Outre le virus qui extermine 99% de la planète (Aïe !), plusieurs clichés et des personnages expédiés aux oubliettes, ou dont le cas fut réglé en une pirouette par facilité scénaristique. Quel dommage !

    Un roman parfait pour celles et ceux qui sont frileux avec la SF ou l’anticipation en général, pouvant même faire l'objet d'une adaptation film. Ce fut donc une lecture plaisante et appréciée qui m'amènera sans doute à relire cette auteure/autrice à l’occasion. 

    23/11/2017

    novembre 23, 2017 0

    Les outrepasseurs - Cindy Van Wilder





    Nouvelle incursion dans le paysage young adult avec la saga "Les Outrepasseurs" de Cindy Van Wilder chez Gulf Stream, dont on parle beaucoup sur la toile, composée initialement de trois tomes, mais dont le quatrième est sorti cette année. D'une malédiction jetée au moyen-âge à nos jours, nous suivons tant les ancêtres que Peter, héro bien malgré lui qui se retrouve confronté à un destin loin de toute normalité. 


    Univers mêlant contes de fée, fables, le fameux roman de Renart, des créatures mythiques et autres métamorphes... Le premier tome nous plonge entre passé et présent avec une écriture fluide et bien maîtrisée que j'ai beaucoup appréciée. Toutefois, les personnages centraux tombant des nues en découvrant un destin imposé, ne sont ici que spectateurs tandis que le premier chapitre ouvrait d'autres possibles en rebondissements. Un passage initiatique classique avec un bassin rappelant la piscine Molitor exploitée par Estelle Faye dans "Un éclat de givre".

    Le second tome est clairement au-dessus des autres. Avouons-le tout de suite ! Malgré l'absence de surprise et une vague ellipse sur ce qu'est la vie des héritiers pour un développement plus large, la laideur des actions et l'immoralité s'accordent au devoir et à l'héritage imposés ; s'y disputent également la conscience et cette bribe d'humanité vacillante. Un conditionnement que le récit allège pour s'adapter tant à l'univers qu'à son public cible.

    Au final, l'adolescent se transforme en adulte à une cadence effrénée. Des choix qui s'affirment et s'assument jusqu'à couper le cordon dans la rébellion avec un certain sens du sacrifice ; certes tête à claque comme tête brûlée bien bornée, ce qui n'est pas déplaisant. le parcours initiatique va bon train et la symbolique y prend tout son sens. 

    J'ai le culot d'apparenter le tout aux shônen japonais car je visualisais assez pertinemment une version animée à travers ce qui existe déjà de manière saturée, présumant que l'autrice/auteure (gardez celui que vous souhaitez) en lit et en visionne aussi. :)

    Quant au vieux lion, péril en sa demeure, alors qu'il se fait vieux à en perdre le contrôle sur tout ce qui lui tenait tant à coeur de manière possessive et obsessionnelle. La chute du piédestal est amorcée, point ignorée, ainsi va la fatalité quand événements et éléments se déchaînent sur un trône désormais fissuré… Va-t-il se résigner ?

    L'histoire des Outrepasseurs se développe rapidement, ayant su de génération en génération, asseoir un certain pouvoir pourtant fragile en manipulant et assujettissant, usant de la malédiction comme levier afin de survivre à tout prix dans la rigueur et l'opulence au sein d'un monde où ils n'ont pas vraiment de place.

    Il en va presque ainsi de la marmoréenne reine des neige aussi libre qu'un vent polaire – et le conte de ce bon vieux Andersen étant mon favori depuis que je suis haute comme trois pommes, je peux vite grommeler – qui devient Babayaga un bref instant, près d'une rivière en Russie - peut-être celle qui a donné son nom - et qui se joue des mortels en volant leur énergie d'un éclat de givre dans le cœur. 

    Sans en dévoiler plus, beaucoup de métaphores n'étant pas sans rappeler bon nombre de guerres et d'horreurs qui furent perpétrées et se perpétuent encore dans notre réalité. Rien ni personne n'est manichéen, mais on retrouve la majorité des thèmes classiques et habituels qui font échos à tant de sagas jeunesse/young adult à cheval entre l'urban fantasy, les contes, fables et mythologies dans une capitale anglaise malheureusement surexploitée même si elle reste le berceau des récits notamment gothiques. 





    Nos auteurs francophones aiment un peu trop les États-Unis - preuve en est la cover du quatrième tome - et l'Angleterre à mon goût, même si nous voyageons quelque peu à travers d'autres pays, et folklores dont certains amenés intelligemment. La toile tissée depuis le premier tome nous a bel et bien amené jusqu'à Maupertuis tandis que l'histoire avec un grand H a joué de manière logique, mais tout de même...

    En dépit d'une écriture que j'ai parfois trouvé moins affinée ici, j'ai beaucoup apprécié toutes les références à différents textes connus et autres légendes (urbaines ou non), réadaptés pour certains à chaque début de chapitre. 

    Bien motivée, j'ai enchaîne avec le troisième tome... Malheureusement, j'en suis sortie très mitigée, voire déçue. Vraiment en deçà de ce que j'aurai pu attendre en termes d'écriture et de rebondissements, même si tout se clôture de manière prévisible. Survol et ellipses nombreux, trop d'accélération peut-être à certains moments pour finalement s'arrêter sur des détails de moindre importance. Parfois une sensation de bâclé dont avec les émotions des personnages rarement approfondis, superficiels si on oublie le début de l'amourette. Je me suis surprise à m'ennuyer, accélérant ma lecture pour aller droit au but. 

    Je ne suis pas non plus parvenue à me positionner par rapport aux personnages, dont certains ont surtout brillé par leur absence. L'histoire du chasseur à chaque début de chapitre m'a, par ailleurs, paru répétitive comparé à ce qui se savait déjà lors des précédents tomes.


    En attendant, cette trilogie reste divertissante avec de bonnes idées, une réécriture de conte intéressante – malgré qu'il en existe pléthore… Phénomène de mode quand tu nous tiens ! - et une plume somme toute agréable pouvant plaire à un large lectorat, dont au public cible. Le quatrième tome sorti récemment sera toutefois lu plus tard.

    21/11/2017

    novembre 21, 2017 0

    Préférer son libraire d’occasion ou les associations pour ses emplettes livresques à petits prix !


    Approuvé par Miss Vénusia, gardienne officielle de livres !


    Outre le plaisir de voyager de tranche en tranche, de fouiller, fouiner d’un air chafouin parmi les étagères, se disperser, se perdre, désespérer de ne rien trouver avant de dénicher le parfait bouquin pour un challenge ou simplement celui qui déjà, vous fait vibrer de curiosité : Il y a l’économie.

    Non négligeable surtout en période de vache maigre.

    Libraire d’occasion, brocantes, marchés aux livres, associations… Il y a toujours moyen de récupérer de quoi sustenter sa faim de petits ou gros pavés contre quelques menus deniers.  Toutefois, les petits libraires se font vite manger alors qu’au final, les lecteurs chevronnés y perdent.

    Pour le Cold Winter Challenge, en dépit des nombreux ebooks qui composeront ma pal, j’ai comparé mes achats. Trois livres payés 10€50 le tout dans une petite librairie en ville, quand internet ne s’intéresse qu’à des sites comme Momox, Amazon ou Priceminister qui se font – mine de rien – de jolies marges.

    Pas de veine, la comparaison est sans appel, j’aurais payé 10€ de plus sur momox malgré l’absence de frais de port pour les mêmes ouvrages, même éditions. Autant dire que je préfère que ce billet finance d’autres livres !

    Par ailleurs, les sites comme momox ayant pignon sur rue, les tarifs varient du simple au double pour exactement les mêmes ouvrages si on passe notamment par Amazon et consort où ils ont une boutique. Hormis rare exception, j’éviterai pour ma part.

    Ainsi, rentrent dans mon challenge :

    -   -         Un goût de cannelle et d’espoir de Sarah McCoy (payé 4€ contre 8€03 sur momox)

    -    -         Retour dans la neige de Robert Walser (payé 2€70 contre 4€40 sur momox]

    -    -         Antartida de Francisco Coloane (Paye 3,80€ contre 8€07 sur momox)


    Les deux derniers sont comme neufs, le premier semble avoir un plus vécu mais rien de bien méchant à mon sens.

    En bref, de jolies petites emplettes de bon matin pour un futur mois de décembre riche en découvertes, loin de mes lectures habituelles ! 



    17/11/2017

    novembre 17, 2017 0

    Littérature classique russe et slave + Challenge Cold Winter 2017




    Outre que le salon du livre 2018 de Paris déroulera son tapis à la littérature contemporaine russe, si vous aimez Tolstoï ou Dostoïevski pour les plus connus ainsi que les classiques du 19ème siècle provenant des froides contrées de l’est : Alors apprécierez-vous la bibliothèque russe et slave.

    Si le site est old school en ne payant pas de mine, il y fourmille tant d’ouvrages en numérique du domaine public – les mieux traduits de ce XXème siècle selon eux – que de nouvelles, vieux articles politiques ou des études sur les auteurs de l’époque entre-autre pas mal d’autres choses.

    Ce qui me plait davantage, c’est de pouvoir également découvrir des écrits et auteurs slaves méconnus ou délaissés car le site ne se contente justement pas de littérature russe, mais  étend son catalogue à la Pologne, Bulgarie, Croatie, Slovaquie etc., en quantité moindre mais néanmoins aussi intéressante qu’inspirante.

    En bref, j’aime fouiner tout en approchant une culture riche et complexe et vous invite à en faire autant. Or, cet hiver et au coin d’un petit feu même virtuel ou sous son petit plaid, n’est-ce pas là un bon moyen de participer au Cold Winter Challenge 2017 proposé par la booktubeuse Margaud Liseuse ?

    16/11/2017

    novembre 16, 2017 0

    Poésie et onirisme avec le manga Mushishi

    Mushishi par  URUSHIBARA Yuki, édité par Kana


    L'automne, ses brouillards, sa bruine et ses températures basses vous ennuient ? 

    À découvrir ou redécouvrir, voyageons une fois de plus au cœur du Japon. Cette fois-ci avec le manga Mushishi que je trouve fort approprié en cette saison ; dans la même veine que les ghibli, mais moins teinté d'innocence cependant.


    Composé de dix tomes, de deux saisons en animés ainsi que d'une adaptation en film, cela nous narre les voyages de Ginko, mushishi de son état. Un médecin différent, un peu à l'image de nos magnétiseurs et herboristes, qui guérit les patients se retrouvant confrontés aux mushis. Ces fameuses créatures aux multiples formes, à la fois lumineuses et invisibles, tantôt sensibles tantôt envahissantes, liées à la rivière de vie profondément ancrée à la Terre. Rares sont ceux pouvant les observer ou les entendre et pourtant, c'est la toile tissée de cette cohabitation souvent difficile entre humains et invisible qui nous est merveilleusement conté.

    Manga comme animé ont une place toute particulière. J'aime à m'y replonger très régulièrement dans l'ordre ou le désordre.

    C'est lent, doux, mélancolique, onirique - parfois aux thématiques répétitives - mais avec cet aspect conte folklorique et fable écologique, à la fois métaphore spirituelle et poétique, tant des relations humaines et de la psyché que des événements à surmonter tels le deuil, le rejet etc.

    Si le manga propose de magnifiques planches, l'animé n'est pas en reste avec une bande-son soignée.

    Cela a d'ailleurs inspiré le petit jeu de rôle Prosopopée, purement narrativiste, s'adressant aux petits comme aux grands chez Limbic Systems et que j'aime beaucoup pour sa part tant ludique que pédagogique.

    C'est beau et la tranche d'âge assez large pour tenter le voyage parmi les mushis, quelles que soient les couleurs revêtues par la nature, et de village en village dans un japon encore médiéval, suivre Ginko et ses récits.



    13/08/2017

    août 13, 2017 0

    Notre Dame des Loups d'Adrien Tomas




    1868, aux confins de l’Amérique, les Veneurs, une petite troupe d’hommes et de femmes sans foi ni loi, aux munitions forgées d’argent, l’âme froide comme l’acier, parcourent les immensités de l’Ouest sauvage que seuls, arpentent indiens et pionniers... Avec pour seul objectif, traquer et tuer celle qu'on appelle Notre Dame des Loups...




    Lecture commune légèrement en décalé, suite à des prix estivaux attractifs sur les ebooks.  Restée un peu frileuse avec ce que j’avais trouvé dans Néachronical, je craignais encore une fois le pire. Eh oui, qui dit prix attractif, ne dit pas forcément bonne came même si les goûts et les couleurs en avisant les critiques…

    Finalement, agréablement surprise malgré quelques maladresses. Notamment dans le style ici fort (voire trop) simple et à la première personne, sans chichi ni fioriture et donc cela se lit vite façon crossover – même si j’ai trouvé cela dommage, plus de détails sur l’époque et de descriptions ne m’auraient pas gêné – pour se concentrer sur la troupe hétéroclite de veneurs. Le speech nous avait donc intrigués et cette histoire vaudrait bien un scénario de jeu de rôle avec prétirés pour – au pif – un colonial gothic : à l’est d’eden.

    Si de chapitre en chapitre, on passe d’un personnage à un autre car ils ont la fâcheuse habitude de mourir bien vite, c’est pour mieux être mené en bateau avec un coup de poker final. En effet, chaque menu détail et saynètes ont leur importance. J’ai beaucoup aimé le coup de la gourde, tout comme le final que l’auteur s’empresse d’expliquer avec une définition sans abuser d’un TGCM. Comprenne qui pourra. 

    Sûr que la vie de veneur n’a rien de bien folichon quand le secret tant le but l’emportent sur le reste, dans un environnement hostile et sans faire de sentiment de par la dangerosité des cibles et de la nécessité de survie malgré les dissensions au sein même du groupe.  Il est toutefois dommage que ladite dame des loups ne soit pas plus fouillée, avec le cliché classique de la bombasse sûre d’elle sous forme humaine et dont les lignes de dialogue est l’archétype de tout ce que je déteste, avec une fin toutefois vite expédiée. L'antagoniste aurait demandé d’être vraiment plus creusé.

    Mon co-lecteur n’a pas aimé la fin, mais n’a pas su m’expliquer pourquoi. Moi, bien plus pour tous ces petits détails simples, bien pensés et agencés en dépit des points soulevés ci-dessus.

    01/08/2017

    août 01, 2017 0

    Dystopie avec Mausolées de Christian Chavassieux

    Edition Mnémos




    Descendu d'un ferrail brinquebalant, Léo Kargo pose son sac à Sargonne, une commune libre de l'Europe Ralliée établie après les terribles Conflits dont les destructions massives sont encore dans les mémoires de tous. L'un des hommes les plus célèbres de son temps, le richissime et controversé Pavel Adenito Khan l'a recruté pour s'occuper de son immense collection de livres, l'une des dernières bibliothèques au monde. Mais Kargo comprend rapidement que son embauche ne doit rien au hasard. Inquiet, il enquête... Et les questions, les rumeurs, nombreuses, surgissent... À propos des livres atteint d'une mystérieuse lèpre, sur la séduisante Danoo Forge, l'assistante du milliardaire étrangement surnommé le Diable. Et qui est cette fascinante et dangereuse Lilith, mi-femme, mi-machine qui rode dans la cité ?



    La bibliothèque n’est pas tant le sujet principal ni central de cette histoire. Certains synopsis étaient donc bien incomplets, laissant présager une incompréhension de l’histoire. Il me fallut donc le corriger sur Babelio. Au final, la bibliothèque est un témoin intemporel presque silencieux, mourant, comme un juste symbole mais passons.


    L’hôtel avait des allures de comtesse ruinée, avec juste assez de dédain pour faire face, un parfum bon marché et un brin de lassitude indifférente. Les odeurs étaient fades sans excès, les couleurs dissonantes sans morgue, tout avait été usé puis restauré en plus maigre et en plus pingre. Le veilleur de nuit qui accueillit Kargo portait un costume clinquant, rouge et brillant comme une laque, qui tranchait avec le décor fané qui l’entourait.



    Mausolées est une dystopie fourmillante d’idées à l’écriture fine, ciselée et jouissive – surtout après l’une de mes dernières lectures sans style. Si l’intrigue avance lentement, nous sommes comme le personnage principal, à découvrir les tenants et aboutissants d’un passé qui éteint ses ramifications à travers une fin inéluctable. Ballotté, en quête d’identité, Léo transite de personnage principal à secondaire, plus passif qu’il n’est supposé l’être dans un tourbillon qui le dépasse, quand des eaux stagnantes de l’histoire remontent de vieilles querelles comme autant de vérités. 

    Il y est question de guerres civiles, de cité état, de population vieillissante, de rédemption, de donner du sens à sa vie, d’enfantement, d’héritage, de sauver les traces du passé, de technologies plus évoluées, mais délaissées ou oubliées pour des questions éthiques divisant toujours…  Vacuité de l’existence et velléité. Des mots valises judicieusement choisis aussi. 

    Un reflet assez convainquant de ce que pourrait devenir notre monde actuel en somme.

    Une agréable lecture surtout pour la plume mettant en avant un univers extrêmement riche, plus que pour l’intrigue même dont la fin m'a quelque peu laissé sur ma faim. 

    Il va néanmoins de soi que les autres romans de cet auteur - dont Les nefs de Pangée - rejoindront ma pile à lire prochainement !


    26/07/2017

    juillet 26, 2017 0

    Néachronical Tome 1 - Jean Vigne : Un flop ici !

    Néacrhonical Tome 1 : Mmento mori
    Jean Vigne - Edition Le Chat Noir 



    Un pseudo thriller YA où on retrouve une jeune fille prénommée Néa qui se réveille dans un marais. Sauf qu'elle n'a plus quinze ans, mais vingt ou vingt-et-un ans pour avoir mystérieusement disparu cinq années. Et puis, elle se découvre d'étranges pouvoirs… de là, découleront drames familiaux, traque et enquête pour découvrir la vérité sur cette absence.


    Lecture commune avec un ami – Toujours pour des questions rôlistiques - suite au tarif avantageux proposé notamment sur cette saga par actusf en ebook. le speech nous faisait envie, mais… (salve de rires) … Malheureusement, cela ne l'a pas fait pour moi ni pour lui vraisemblablement qui m'a dit avoir peiné pour parvenir à la fin…

    Outre le langage parlé souvent vulgaire et sans aucun style : On se coltine une héroïne tête à claque limite superficielle – « Oh il est trop beau gosse, je me le ferai bien… Ha oui merde je ne peux pas… Même le méchant il est vraiment trop beau gosse… Quel dommage !» - c'est un enchaînement de stéréotypes en veux-tu, en voilà et cela s'étale à travers tous les personnages jusqu'au flic, aux noms etc. Boarf. 

    Je paierai cher pour savoir si des ados se retrouvent là-dedans car honnêtement, c'est encore une fois les prendre pour des idiots et les caricaturer comme pas possible sans une once de finesse, alors que la majorité saura se montrer plus mature que « ça ».


    Elle n'a peur de rien, n'a absolument aucune conscience, ne s'interroge absolument pas sur le côté monstrueux de ses pouvoirs ou si peu etc. Humanité et psychologie, néant absolu. Dans un sens ou dans l'autre s'entend.

    Certains disent que c'est « glauque », ouais enfin ça confine au ridicule et limite au comique tout en voulant aborder des sujets sérieux – techniquement pour un côté prétendument vendeur sous couvert de sulfureux - de manière maladroite, sans remise en question. Et si l'histoire aurait pu s'avérer attrayante, la plume la dessert véritablement. On dirait une vaste blague…

    Malheureusement, cela continue dans le tome 2. On est peut-être maso du coup, pas le public cible c'est certain, mais maso. En YA, clairement : il y a dix fois mieux. En bref, déçue car j'attendais bien mieux vu les thématiques abordées.



    21/07/2017

    juillet 21, 2017 0

    Voyage au Japon avec Soie d'Alessandro Baricco




    Je me suis plongée dans cet ouvrage lors d'une fin de nuit durant laquelle Morphée m'a abandonné à l'éveil. C'était il y a un an déjà et j'eus envie envie de lire "Soie" d'Alessandro Baricco. Étrangement, une envie de partager cette lecture avec vous aujourd'hui,  sans doute car la saison s'y prête.






    Rien que le titre rappelle ce tissu fluide et fin, parfois brodé qui glisse comme une caresse sur la peau. Sur fond d'ombre chinoise, mais surtout d'estampe japonaise. Les avis positifs furent suffisants pour me mener par le bout du nez. Happée par le voyage donc...

    Je n'ai jamais été très portée sur les romans d'amour, souvent ennuyeux pour la lectrice assidue d'autres genres que je suis, toujours en quête de rêve hors du quotidien.

    Les chapitres sont brefs. L'histoire simple d'une vie réglée comme un métronome avant qu'elle ne bascule dans un soupçon d'exotisme, de désir évanescent et de femme idéalisée jusqu'à poser des voiles d'incertitude sur un mariage que rien ne venait troubler jusque-là. 

    La quête de l'autre pour se chercher soi quand tout se remet en question. La lenteur exquise du Japon y est bien représentée. le style simple, mais guère épuré par trop de répétitivité lorsque le même voyage ramène l'homme vers cette contrée très hiérarchisée où le songe est tant pudique que sublimé.

    Style simple, oui. Pourtant, des fulgurances presque poétiques émaillent le récit en offrant un charme certain ayant su casser une forme de monotonie susceptible d'être ressentie. 

    Ce fut ainsi qu’il vit, finalement, tout à coup, le ciel au-dessus du palais se noircir du vol de centaines d’oiseaux, comme exploses de la terre, des oiseaux de toutes sortes, étourdis, qui s’enfuyaient de tous côtés, affolés, et chantaient et criaient, pyrotechnie jaillissante d’ailes, nuée de couleurs et de bruits lancée dans la lumière, terrorisés, musique en fuite, là dans le ciel à voler. Il était un fil d’or qui courait droit, dans la trame d’un tapis tissé par un fou. Il passa le pont sur la rivière, descendit jusqu’aux grands cèdres, entra dans leur ombre et en ressortit.



    Quant à la fin, elle a de cette beauté touchante, belle et inattendue...

    Je n'ai pas encore visionné le film avec Keira Knightley et Michael Pitt, mais qui sait... La bande annonce semble respecter l'ensemble de l'histoire, bien que semblant la dévoiler presque entièrement. 

    Je pense néanmoins qu'il manquait de cette réelle finesse. De celle qu'une plume typiquement féminine saurait véritablement retranscrire en posant mieux mots et images, car si on évoque la sensualité... Cette dernière m'a parue presque balourde par un auteur peut-être pas si à l'aise.

    J'ai tout de même passé un très agréable moment avec ce court roman qui m'a visiblement imprégné depuis.

    06/07/2017

    juillet 06, 2017 0

    Un voyage avec "Lointaines merveilles" de Chantel Acevedo

    Je vous emmène à Cuba ? Vous venez ?


    Voici donc un livre reçu dans le cadre d’une opération masse critique Babelio. 

    "Lointaines Merveilles" de Chantel Acevedo. Un dépaysement certain et immersif lorsque la petite histoire d'une vie rejoint celle avec un grand H, tout en ayant su réveiller une flopée de souvenirs.






    1963. L'ouragan Flora est tout près de dévaster les côtes cubaines. Maria Sirena, octogénaire de son état, n’est pas décidée à quitter sa maison "à l’autre bout du monde" d’une petite ville, Maisí. Nous sommes dans la province de Guantanamo, à l’époque des Beatles, mais là n’est pas le sujet.

    Maria Sirena a une histoire à narrer et c’est bien après avoir été obligée de quitter son domicile avec d’autres femmes âgées, afin de rejoindre la casa Velasquez, qu’elle se libérera d’un passé complexe à une époque où Cuba tente justement de se libérer du joug colonialiste espagnol. 

    Si la Guerre des dix ans s’est achevée, l’héroïne voit le jour à une époque où les réformes ne prennent pas et alors que le conflit se poursuit, les américains viendront à s’en mêler…


    Dès lors, c’est tout un témoignage fragmenté de souvenirs tantôt nostalgiques tantôt douloureux qui nous est confié, mêlant également l’intergénérationnel et l’histoire de ces autres ayant peuplé cette existence. Avec pudeur et sans superflu, une enfance bousculée par la guerre aux premiers émois, et à certains choix d’où naissent toujours les regrets et remords d’une vie. C’est donc l’occasion de verbaliser certaines vérités jusque-là cachées. L'occasion d’une confession tout comme de certains pardons.


    Quand l'éclair jaillit de nouveau, la pièce s'illumine, le chant reprend, plus fort 'YE OBA YANA YANA. Quelque part des femmes crient. Un bébé en couches, les pieds nus, s'accroche à une longue jupe de coton.



    Une écriture fluide, douce et addictive malgré des facilités scénaristiques, dirons-nous. De celles qui me font tiquer, mais vite pardonnées et mises sur le compte d'un élan égoïste par le personnage central. Des facilités scénaristiques ? Oui, une catastrophe naturelle réunissant un auditoire et « voilà ». Malheureusement déjà vu, sans doute trop exploité. Pourtant, on se laisse aussi embarquer.

    Un élan égoïste ? Eh oui voire même plusieurs : La conteuse est bien souvent seule à parler, se soucie peu des histoires que peuvent receler ses compagnes d'infortune comme si ces dernières ne comptaient pas ni n'étaient assez importantes. Bien entendu, l’auditoire est subjugué, ému et réclame sans cesse la suite… Pourtant, son histoire n'a jamais été narrée à ses proches restants, mais à des presque inconnues...

    Tout en espérant qu'elle se propage et qui sait, soit publiée !

    Autant l’avouer, j'ai déprécié ce côté particulièrement agaçant quand bien même cela aide la narration, quand bien même le besoin de se libérer presse. Certes, évolue-t-elle petit-à-petit en cours de route, mais... 

    Si le récit de Maria Sirena est touchant, son personnage l’est donc nettement moins. Finalement assez passif, manquant de caractère en dépit de ce qu’elle a vécu. Probablement par manque de subjectivité, peut-être aussi pour mettre en relief et sur des piédestaux, ceux qui l’ont entouré. Surtout pour avoir subi sa vie envers et contre tout, hantée finalement par ses propres fantômes. Et tout ce qu'elle put construire ensuite a semblé véritablement moins compter ou sera tu, là où on pouvait justement espérer une suite...

    Et pourtant avec recul, c'est une ode à ceux qu'elle a côtoyé, aimé, l'ayant aimé et aidé à grandir, à mûrir au-delà du contexte historique et qui sont les véritables héros en finalité. Et derrière lesquels, elle s'efface comme pour faire écho à ce qui se passait il y a encore peu, à ce qui se trame encore aujourd'hui en Amérique latine et ailleurs...


    Il lève ses bras couleur ocre pour qu'on le prenne. Des fleurs d'hibiscus, rouge et jaune, tourbillonnent par terre en clapotant comme des poissons hors de l'eau.



    Des flopées de souvenirs ? Effectivement. J’avais dix-sept ans. J'avais intégré sur le tard un stage impro de théâtre sur un thème sensible. Tout cela après avoir été poussée via les foyers d’accueils Cotxet pour tâcher d'exorciser quelque chose, lorsqu'on a eu une enfance vraiment pas terrible pour bagage. 

    Néanmoins,  c’est là qu’une frontière s’est ouverte. Un autre récit m'a été conté concernant une poignée de prisonniers qui, dans les années 70, gardaient espoir en présentant différentes pièces en tout genre au sein d'un camp chilien. Pendant ce temps-là, d’autres creusaient et certains se seraient échappés. 

    C'est la vie de celui qui créa, plus tard et en France, le théâtre Aleph à Ivry-sur-Seine que je vous laisse découvrir. Merci à Oscar Castro, même si à l'époque, j'étais bien jeune encore malgré tous les livres lus autour des guerres et dictatures pour comprendre à quel point l'espoir est aussi synonyme de courage par ce qu'il insuffle... 

    Si vous avez l'occasion et êtes en région parisienne : N'hésitez pas à aller voir une de leurs pièces !


    Souvenirs également de l’association Palenque à Lyon qui m’aura permis plus en profondeur de découvrir les différentes cultures et danses émaillant l’Amérique du sud, ainsi que d'autres histoires chorales reflétant celle avec un grand H via des personnes investies et chaleureuses. C'est une jolie communauté à rencontrer. Là encore, n'hésitez pas si vous êtes du coin.

    Ainsi, il en faut peu pour raviver des fulgurances et constater que - peut-être - n’est-ce pas un hasard pour certains rêves de voyage et d’exil esquissés avec une collègue faisant parti de cette association, dans l'idée de construire autre chose quand le reste nous semblait sans saveur et superficiel. 

    Le plus ironique dans tout cela ? Elle y est allée lorsque moi, j’ai déménagé à la frontière… Espagnole !

    Qui sait s'il n'est pas temps de donner un second souffle et une réalité à ces esquisses ?

    En attendant et pour conclure,  « Lointaines merveilles » a reçu le prix du meilleur roman 2017 par les lecteurs de l'éditeur Points. Et effectivement, sans être un coup de cœur, il a su me surprendre pour ce qu'il aura réveillé, me rendre curieuse sur ces pans d'histoires que je connais mal et m'émouvoir bel et bien un peu aussi. 

    Une jolie lecture en somme qui en amènera sûrement d'autres en provenance directe d’Amérique latine !


    05/07/2017

    juillet 05, 2017 0

    Comme un parfum de vacances…




    Le soleil mordille la peau et la nature a revêtu des couleurs éclatantes. Il fait chaud, au point que l’envie de se prélasser se fait parfois la plus forte quand il n’est pas simplement question d’aller voir ailleurs si l’herbe n’est pas plus verte. 

    Vive les interminables promenades, les visites de sites culturels et la farniente !

    Ralentissement des activités ces dernières semaines donc, mais c’était autant pour faire le plein de lumière que de livres, de vieux films comme de plus récents, et un certain nombre de séries voire quelques MOOCS en passant.

    N’oublions pas les jeux de rôle qui prennent une part importante de mes activités ludiques et sur lesquels, j’avais envie de chroniquer. Toutefois, je suis en phase de petit bilan sur mes impressions et retours après une année à explorer différents univers. Le tout se découpera sans doute en différentes thématiques.

    En effet, le JDR est également une expérience sociologique, peut servir dans un cadre éducatif avec pas mal d’atouts pédagogiques, loin des sectes sataniques dont il fut question à une lointaine époque. Nous y reviendrons toutefois plus tard.

    Pas mal de chroniques arrivent donc, dont une qui risque manifestement de recevoir un jet de tomates en bonne et due forme. Je réfléchis également à modifier ma bannière… 

    Au menu, un peu de young adult, un détour par Cuba au XXème siècle via la réception d'un masse critique Babelio, un peu de SF dont cyberpunk et de la littérature japonaise. Quelques petites perles cinématographiques libres de droits, un MOOC fantasy et des animés. Pas mal de crowfundings pour l'achat de jeux de rôle également. 

    Et vous, quelle est votre destination favorite ?
    N'hésitez pas non plus à me raconter vos activités estivales ! ;)

    En attendant, prenez soin de vous et profitez bien de vos congés, car tout est permis l’été !

    Et pour conclure ce bref billet, une playlist douce et idéale en cette saison.




    25/05/2017

    mai 25, 2017 0

    Docteur Sleep - Stephen King



    [Mon premier roman publié en 1998 par Scribner était Bag of Bones (Sac d’os, Albin Michel). Soucieux de faire plaisir à mon nouvel éditeur, j’étais parti en tournée promotionnelle. Lors d’une séance de signatures, un lecteur m’a lancé : « Hé, vous avez une idée de ce qu’est devenu le gosse de Shining ? » - Note de l'auteur]

    Il y a quelques années, c’est très exactement la question que je me suis posée avant de découvrir qu’une suite était en cours de parution. Puis, j’ai mis de côté ma curiosité. Ma PAL étant ce qu’elle est -  assez hétéroclite et bordélique en somme - j’ai remisé Docteur Sleep aux oubliettes même si savoir ce que devenait Danny me revenait de temps en temps avec ce  fameux « Ha… Je me relirai bien un Stephen King ! ». Pour le souvenir, la nostalgie. 

    Faut dire que l’ai découvert également à l’adolescence à cause des copines de classe qui ne juraient que par lui, en plus d'un tas d'adaptations TV. Ce qui m’amena donc à lire en partie quelques unes de ses œuvres parmi les plus connues, (Shinning, Simetierre dont je garde un souvenir plus flou et mitigé et forcément, Carrie). 


    Peut-être même ce légendaire enfant intérieur auquel les gourous New Age faisaient tout le temps référence. Dan était plus ou moins convaincu que cette histoire d’enfant intérieur n’était bien souvent qu’un stratagème pour excuser quantité de comportements égoïstes et destructeurs (ce que Casey aimait appeler le syndrome du je-veux-tout-tout-de-suite), mais il était aussi convaincu que les adultes, hommes et femmes confondus, abritent quelque part dans leur cerveau tous les stades de leur développement – pas juste l’enfant intérieur, mais le nouveau-né intérieur, l’adolescent intérieur, le jeune adulte intérieur.


    Ici, rien de terrifiant. L’histoire est bateau et convenue, point de frisson ni de surprise. L’intrigue ressemble à beaucoup d’autres avec des méchants simplets et caricaturaux par rapport à tout ce qu’on trouve déjà en young adult ou thriller fantastique notamment, mais dont la quête tisse le lien avec les différentes thématiques abordées. L’intrigue n’est donc que prétexte et au final, secondaire.

    La mort en elle-même est partie prenante, entre Dan qui devient un passeur et ces « vilains vampires » chercheurs d’immortalité. Ceux-là même ne donnant pourtant aucun sens à cette existence étendue,  creuse et vide en somme hormis dans cette quête effrénée d’une cure de jouvence en semant des victimes depuis des éons. Ils courent après la vie quand lui-même a accepté qu’elle se respire ici et maintenant puisque la mort va de soi.


    Et dans cette trame entre vie et mort, il y a la toile familiale intergénérationnelle – et le conflit entre générations - et ce qu’elles conditionnent. Notamment casser les schémas répétitifs par la recherche d’un équilibre malgré les réminiscences, tout en réconciliant l'enfant qui fut et l'adulte qui est par une meilleure compréhension du passé et de son acceptation pour enfin devenir soi en cicatrisant peu-à-peu les blessures subsistant à l’intérieur. 

    Il y a également les personnages clef intervenant dans l'évolution de Dan qui échoue et s’ébroue tout d’abord, avant d’avoir la volonté de devenir meilleur. Il apprendra à lâcher du leste, à se mettre face à ses contradictions et responsabilités. Il apprendra à faire confiance en acceptant les mains tendues comme de se libérer et de parler, tout autant à émerger enfin des carcans dans lesquels il s’était toujours enfermé via une fuite en avant. Qu’elle soit dans l’alcool ou dans ces interminables voyages avant l’arrivée à bon port. Puis, il y a celle qui sera sa porteuse de lumière et s’incrustera par petites touches dans sa vie avant que les fils se nouent, inextricables.

    Les chapitres sont courts et l’écriture assez fluide. Pas un coup de cœur, mais un bon moment de lecture sur des thèmes qui me sont familiers. Si « Shining » évoquait la déchéance, « Docteur Sleep » aborde l’inverse. Le fait de s’en sortir, une forme de rédemption. On sent  donc un auteur assagi, plus posé. 

    En finalité, ce roman laisse le sentiment d’un début de plénitude en se montrant lumineux et positif. Rien d’inoubliable cependant, même si ce fut un plaisir de constater la transition de Danny enfant à Dan l’adulte ainsi que son cheminement en tant que tel, par extension celui de l’auteur.