21/07/2017

Voyage au Japon avec Soie d'Alessandro Baricco




Je me suis plongée dans cet ouvrage lors d'une fin de nuit durant laquelle Morphée m'a abandonné à l'éveil. C'était il y a un an déjà et j'eus envie envie de lire "Soie" d'Alessandro Baricco. Étrangement, une envie de partager cette lecture avec vous aujourd'hui,  sans doute car la saison s'y prête.






Rien que le titre rappelle ce tissu fluide et fin, parfois brodé qui glisse comme une caresse sur la peau. Sur fond d'ombre chinoise, mais surtout d'estampe japonaise. Les avis positifs furent suffisants pour me mener par le bout du nez. Happée par le voyage donc...

Je n'ai jamais été très portée sur les romans d'amour, souvent ennuyeux pour la lectrice assidue d'autres genres que je suis, toujours en quête de rêve hors du quotidien.

Les chapitres sont brefs. L'histoire simple d'une vie réglée comme un métronome avant qu'elle ne bascule dans un soupçon d'exotisme, de désir évanescent et de femme idéalisée jusqu'à poser des voiles d'incertitude sur un mariage que rien ne venait troubler jusque-là. 

La quête de l'autre pour se chercher soi quand tout se remet en question. La lenteur exquise du Japon y est bien représentée. le style simple, mais guère épuré par trop de répétitivité lorsque le même voyage ramène l'homme vers cette contrée très hiérarchisée où le songe est tant pudique que sublimé.

Style simple, oui. Pourtant, des fulgurances presque poétiques émaillent le récit en offrant un charme certain ayant su casser une forme de monotonie susceptible d'être ressentie. 

Ce fut ainsi qu’il vit, finalement, tout à coup, le ciel au-dessus du palais se noircir du vol de centaines d’oiseaux, comme exploses de la terre, des oiseaux de toutes sortes, étourdis, qui s’enfuyaient de tous côtés, affolés, et chantaient et criaient, pyrotechnie jaillissante d’ailes, nuée de couleurs et de bruits lancée dans la lumière, terrorisés, musique en fuite, là dans le ciel à voler. Il était un fil d’or qui courait droit, dans la trame d’un tapis tissé par un fou. Il passa le pont sur la rivière, descendit jusqu’aux grands cèdres, entra dans leur ombre et en ressortit.



Quant à la fin, elle a de cette beauté touchante, belle et inattendue...

Je n'ai pas encore visionné le film avec Keira Knightley et Michael Pitt, mais qui sait... La bande annonce semble respecter l'ensemble de l'histoire, bien que semblant la dévoiler presque entièrement. 

Je pense néanmoins qu'il manquait de cette réelle finesse. De celle qu'une plume typiquement féminine saurait véritablement retranscrire en posant mieux mots et images, car si on évoque la sensualité... Cette dernière m'a parue presque balourde par un auteur peut-être pas si à l'aise.

J'ai tout de même passé un très agréable moment avec ce court roman qui m'a visiblement imprégné depuis.

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