23/12/2017

décembre 23, 2017 0

Les vies multiples d'Henry Quantum - Pepper Harding

Chez Michel Lafon


De quoi cela parle ?

Le 23 décembre, Henry Quantum s’aperçoit qu’il a oublié d’acheter un cadeau pour sa femme Margaret. Simple oubli ou signe de désamour ? Comment le savoir quand on s’appelle Henry Quantum et que mille pensées vous traversent l’esprit à tout moment ? De l’existentialisme au vide cosmique en passant par le bouddhisme, les diversions se multiplient alors qu’il chemine dans les rues de San Francisco à la recherche du cadeau parfait : un flacon de Chanel N° 5. Pendant sa marche, il rencontre Daisy avec qui il a eu une liaison et ce simple échange inverse le cours de sa pensée. Et s’il s’était trompé d’histoire d’amour ?

***


Voilà un roman abordant avec malice la crise de la quarantaine et le couple qui bat de l’aile, la perpétuelle remise en question quant aux choix de vies et ses bifurcations durant la veille de noël, sous couvert d’une quête de cadeau pour mieux ancrer la prise de conscience.  Les remords, les regrets, la nostalgie des débuts, les croyances infondées, ce qui est projeté sur l’autre et les attentes jamais satisfaites car issues de fêlures personnelles…  


Se connait-on vraiment même après plus d’une décennie de mariage ? Peut-on être différent d’une paire d’yeux à une autre ? Sans nul doute lorsqu’il est plus question d’alchimie que de théories quantiques. 



Là-bas, sur la baie, les voiliers ressemblaient à des pierres posées sur un jardin zen, même si elle savait qu'ils filaient en se cabrant et en fendant la houle. Il lui apparut soudain que ce contraste était d'une grande beauté, cette façon dont la distance fige les choses, leur retire toute vie, toute individualité, en fait les éléments d'une vaste fresque que les dieux, peut-être, pouvaient contempler. Les occupants de ces bateaux étaient, qui sait, en train de faire l'amour, de pêcher ou de prendre leur petit déjeuner, autant d'activités qui devaient leur paraître tout à fait essentielles, tout à fait concrètes. Mais, à cette distance, tous les plaisirs de la vie s'évaporaient, tel le brouillard qui s'installe le matin - le brouillard de la passion, qui recouvre tout - avant de se dissiper en laissant derrière lui une sorte de clarté surnaturelle, un temps suspendu, une fin des temps, une vision de la perfection.


Personnages bien construits et fouillés, plume fluide et style fort agréable malgré quelques longueurs. Une fin prévisible que j'espérais différente... Un paragraphe inutile, inopiné, dédié au jargon savant sur l’étude de l’œil m’a, par contre, particulièrement ennuyé, cassant ma lecture tout en tranchant net avec le style du roman sans ne rien apporter à l’histoire. 

Les turpitudes du commun des mortels à laquelle tout le monde peut s’identifier donc, à travers une brève tranche de vie coupée entre plusieurs personnages. Je n’ai pas déprécié cette histoire, j’en ai même souligné certains jolis passages. Cela reste une petite lecture assez classique, faisant songer aux téléfilms et autres séries tv sur les mêmes thématiques, néanmoins éloignée de ce que je lis habituellement, mais qui pourra toutefois plaire aux férus du genre.

Un merci à l'éditeur et au site Netgalley pour m'avoir permise de découvrir cette autrice que je relierai à l'occasion au fil de ses publications.
décembre 23, 2017 0

Petit coup de cœur avec Sirius de Stéphane Servant

Sirius de Stéphane Servant aux éditions du Rouergue


Un roman post-apocalyptique destiné à la jeunesse par une plume poétique à souhait… J’ai sauté dessus. Pour une fois, nul reproche à faire. C’est un livre que je remettrai aisément entre les mains d’adolescents sans sourciller car cette histoire reste un petit coup de cœur.


De quoi cela parle ?

Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever son petit frère, Kid. Réfugiés au cœur d'une forêt, ils se tiennent à l'écart des villes et de la folie des hommes... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route. Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livre au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius.

Outre l’écriture lumineuse aux multiples métaphores et quand bien même la fin m’a laissé sur ma faim à cause d’une régression quelque peu violente à mon goût, j’ai apprécié le voyage. Il y est question d’écologie, d’ode à la nature,  de dérives sur les croyances et d’obsessions,  harcèlement au travers d’un sombre personnage incapable d’évoluer, des failles et faiblesses humaines où chacun.e est susceptible de s’embourber par égo, par chagrin, par la nécessité de survivre…

Au-delà de tout ceci, l’accent est mis sur le vivant interconnecté avec une conscience plus élevée chez Kid qui garde de cette flamboyance propre à l’enfant intérieur. Cet enfant intérieur que nul ne devrait perdre en grandissant,  ce qui semble être le cas de l’auteur dont j’ai compulsé un peu le blog. 

Il y a de la spontanéité, des moments même assez drôles, mais jamais aucun jugement n’émanant de ce petit garçon qui a été préservé des vices et dérives pour finalement évoluer à travers cette connexion à la Terre et aux animaux, tout en étant capable de simplement accepter, de vivre au présent et à également pardonner sans tiraillement lié à un ego destructeur... A la fois lien, à la fois guide, à la fois la personnification d’une rédemption notamment pour Avril et le conteur, même si ce dernier avait déjà entamé le processus. 

Force est donc de constater que ce personnage ne laisse pas indifférent le lectorat et pour cause, il reste le socle de l’histoire.

Après les nombreuses dystopies publiées, il semble y avoir ce nouvel engouement pour retourner à la source de tout. Une forme de régression pour amener l’humanité à progresser différemment en harmonie avec la nature et c’est en substance, ce que raconte ce roman. Etant extrêmement sensible aux thématiques, je me suis demandée s’il n’y avait pas une quelconque sorte d’éveil inconsciente également chez de nombreux auteurs au vu de succès, par exemple, de la vie secrète des arbres. Sachant que cela me parait absolument édifiant que les gens ne découvrent ces choses-là uniquement par ce biais, ce qu’il est si aisé de ressentir au fond de soi alors même que les premiers humains en étaient pleinement conscients.

Au-dessus, il y avait tant de rayures mordorées que la nuit ressemblait à une broderie orientale ou à une toile de ce peintre à l’oreille coupée dont Avril avait oublié le nom. Les étoiles semblaient toutes filer vers l’est.

Je ne vais pas m’étendre sur le sujet, complexe en soi, mais ce roman évoque tant un parcours initiatique que spirituel. Avril personnifie cette fameuse prise de conscience, d’abord entre remords et regrets, ne croyant qu’en peu de choses excepté à la nécessité de survivre en protégeant son frère et d’échapper au danger la poursuivant sans cesse, jusqu'à ce que...

En bref, j’ai véritablement passé un bon moment avec cette lecture ayant forcément trouvé de l’écho face à ma propre perception et conscience du monde.

01/12/2017

décembre 01, 2017 0

Découvrons ensemble ma PAL du Cold Winter Challenge 2017 !



Une fois n'est pas coutume, je me suis décidée à tenter ce challenge proposé par la chaîne Margaud Liseuse, complété par un groupe facebook pour échanger autour des lectures. Cela débute aujourd'hui et ce, jusqu'au 31 janvier prochain.  J'ai essayé de varier les plaisirs, genres, voyages et auteurs provenant de différents horizons.


J'ai quelques réserves sur les fiancés de l'hiver, et il n'est pas improbable que je rajoute d'autres bouquins qui ont pu titiller ma curiosité en jetant un œil aux PAL des autres participant(e)s.


Ainsi, ai-je déjà ajouté Sirius de Stéphane Servant dont la plume poétique m'aimante et m'amuse aussi déjà. 

Malgré un goût de fin du monde et que cette histoire soit destinée à un public jeunesse, je me laisse tenter. Notamment pour avoir fouiné sur le blog de l'auteur qui semble vraiment aimer écrire sans avoir perdu son âme d'enfant.

J'espère donc un joli voyage

Pour le challenge donc, essayons de caser chaque titre dans les différentes catégories !

La magie de noël 

  • Les noëls électriques (éd. moutons électriques)
  • Les vies multiples d'Henry Quantum de de Pepper Harding
  • Un goût de cannelle et d'espoir de Sarah McCoy


Flocons magiques


  • Dragon de glace de G.R.R Martin
  • Les fiancés de l'hiver - Tome 1 de Christelle Dabos


Marcher dans la neige

  • La faim blanche d'Aki Ollikainen
  • Sous le ciel de l'Altaï de Juan Li
  • Antartida de Francisco Coloane
  • Retour dans la neige de Robert Walser
  • Sirius de Stéphane Servant
  • Neige de Maxence Fermine
  • Bonsoir, la rose de Chi Zijian


    Stalactites ensanglantées

    • Un cri sous la glace de Camilla Grebe

    Et voilà ! Des romans de toutes les tailles, des nouvelles, des contes... De quoi rire, s'émerveiller, s'émouvoir et rêver sous un plaid et avec un thé bien chaud. Et en ce moment, je fonds avec le thé vert orange-cannelle de chez Alter Eco...







    27/11/2017

    novembre 27, 2017 0

    Partons chez les amérindiens avec Chaman de Maxence Fermine





    Depuis la lecture d’Amazone et d’Opium, ainsi que la petite marchande de rêves, j’aime la plume de Maxence Fermine. Neige étant dans ma pal pour le cold winter challenge. C’est donc d’un fiévreux clic que j’ai sollicité l’éditeur Michel Lafon que je remercie au passage, via le site netgalley, pour le dernier sorti. A savoir "Chaman".

    Nouvellement inscrite, je salue l’initiative ainsi que les éditeurs qui se prennent au jeu. En effet, je n’y croyais pas et pourtant, l’ebook m’attendait dès le lendemain. Alors, forcément, j’ai sauté dessus sans me faire prier !

    Résumé : « Le jour où Richard Adam comprit qu’il n’avait qu’une vie, il n’avait jamais été si proche du ciel. Et pour cause. Il se tenait en équilibre sur une poutrelle d’acier, à près de soixante mètres de hauteur. Parvenu au bout de son perchoir, il s’arrêta, retint son souffle, et contempla une dernière fois le paysage qui s’offrait à lui, telle une flaque d’or blanc. Il pensa que la vue était sublime, et la vie, terriblement fragile. Un souffle de vent, un faux pas, et il disparaîtrait à jamais. Il s’envolerait tel un oiseau dans les nuées. Il n’avait jamais été vraiment sujet au vertige. Jusqu’à aujourd’hui. »


    J’étais donc ravie de pouvoir lire ce roman-ci. Malheureusement, je crois que plus le temps passe, plus je deviens difficile, espérant toutefois ne pas finir en lectrice blasée… 

    Titre, couverture immaculée,  auteur et synopsis. Tout était là pour m’offrir un bon moment de lecture. Autant, je fus sensible aux thématiques. Autant, j’en suis ressortie avec un « bof ». Littéralement.  Je n’ai pas adoré, je n’ai pas détesté mais je n'ai pas été transcendée ni transportée comme ce fut le cas avec Amazone.

     Ce roman traite donc du retour aux racines d’un homme en deuil, esseulé, cherchant la solitude et peinant à se lier. Un homme qui comprendra la vacuité de sa propre existence, la remettant en cause. Existence qu’il finira par vivre (ou remplir), en accéléré grâce à des prises de consciences auréolées de quelques fulgurances. Une redécouverte de soi nimbée de spiritualité, de fantastique et d’un brin de légende. 

    Si l’idée de départ est bonne et parlera à chacun pour le ré ancrage à la source, aux proches avec lesquels on se sent en harmonie et avec qui on trouve sa place,  à la nature, ne plus se mentir à soi-même, assumer tout ce qui forge notre identité, tout en reconsidérant les conséquences de la colonisation…

    J’ai néanmoins trouvé le tout survolé, approximatif et guère approfondi avec une plume bien moins poétique qu’à celle dont j’étais coutumière. De mon point de vue, une plume qui m’a paru essoufflée, le tout saupoudré d’une histoire qui aurait mérité plus de développement et coupée par une fin abrupte. L’impression que Monsieur Fermine n’est pas vraiment allé au bout de toutes ses idées, ce qui m’a donné une impression de fadeur. J’aurais voulu plus de descriptions et d’envolées, plus d’immersion également. Il me manquait vraiment quelque chose.

    Cela reste une tranche de vie émaillée d’histoire, avec un grand H amenée façon wikipédia donc maladroite à mon goût, malgré les jolies citations à chaque chapitre.  Néanmoins, il y a une mise en lumière de la condition actuelle des amérindiens à laquelle je suis sensible et qui semble avoir touché l’auteur. 

    Ne parlons pas de l’animal totem surfait qui m’aura fait hurler à la lune, sachant qu’il n’est nul besoin de drogue pour le/les découvrir. La prise d’ayahuasca décrite sans purification du corps et à jeun prête à sourire, vu comment cela met les tripes à l’air… C’était certainement plus glamour et vendeur de passer outre.

    Par ailleurs, je n’ai pas foncièrement ressenti beaucoup d’empathie pour les personnages, juste apprécié quelques descriptions métaphoriques concernant l’une des protagonistes.  Les seules que j’ai vraiment trouvées poétiques. 

    Il va de soi que le livre doit rester court, grand public, mais… Mais zut. Pour un auteur flirtant souvent avec la spiritualité et différentes cultures à travers le monde, prompt à évoquer chaque facette humaine : c’était en deçà et ainsi ai-je été déçue. A moins que mes attentes étaient trop grandes ? Je l’ignore. Suis-je passée à côté de plusieurs détails ? Peut-être. 

    Cela reste toutefois un très court roman intéressant pour ceux qui méconnaissent la culture amérindienne et souhaitent s’y plonger en douceur.  Un petit voyage initiatique de quelques heures léger dans son traitement mais pas dans ses thèmes, tout en restant bien au chaud sans avoir à prendre l’avion.


    25/11/2017

    novembre 25, 2017 0

    Anticipation "feel good" avec Station Eleven - Emily St John Mandel




     - C’est un livre qui ne raconte rien… Mais il faut le lire. C’est difficile à exprimer. 
    - Cela doit être bien si tu l’as fini en une journée…
    - Oui, mais... Je ne sais néanmoins toujours pas dire si je suis mitigée ou pas. Pour comparer, c’est comme « La route », mais en bien plus lumineux, moins spectral avec des codes auxquels je peux m’identifier. De l’anticipation feel good ?! Dans tous les cas, j’y retrouve des éléments qui me ressemblent, me sont familiers, ce que je sais que je ferai en situation similaire. J’aime la toile tissée entre les personnages, l’humanisme qui s’en dégage  et les allers-retours entre passé et présent. Ce qui pousse au final à tourner les pages…
    - Si cela ne raconte rien, alors…

    Synopsis : Une pandémie foudroyante a décimé la civilisation. Une troupe d’acteurs et de musiciens nomadise entre de petites communautés de survivants pour leur jouer du Shakespeare. Ce répertoire classique en est venu à représenter l’espoir et l’humanité au milieu des étendues dépeuplées de l’Amérique du Nord. Centré sur la pandémie mais s’étendant sur plusieurs décennies avant et après, Station Eleven entrelace les destinées de plusieurs personnages dont les existences ont été liées à celle d’un acteur connu, décédé sur scène la veille du cataclysme en jouant Le Roi Lear. Un mystérieux illustré, Station Eleven, étrangement prémonitoire, apparaît comme un fil conducteur entre eux…




    Et la dernière page  fut tournée. Miracle. Un livre sorti de ma PAL ! Durant ma précédente lecture chroniquée sur ce blog, je me demandais quoi lire ensuite et mon choix s’est naturellement tourné sur « Station Eleven » d’Emily St. John Mandel chez Payot et Rivages. Une brève discussion en cours et fin de lecture. J’ai peiné à exprimer mes ressentis.  Je n’ai étrangement aucun commentaire sur la plume de l’auteur, ayant été plus sensible à ce qu’elle transmettait à travers ce récit.



    Il ne se passe rien ? Ce n’est juste pas un livre façon blockbuster où les héros sont supposés sauver le monde d’une quelconque corporation machiavélique ayant usé de bioterrorisme pour détruire l'humanité. La phrase peut donc paraître péjorative, mais ce n’est nullement le cas. Au contraire, il se passe la vie, le temps, les liens et des destins qui s’entrecroisent fugacement dans un contexte qui, personnellement, me fait froid dans le dos rien que de l’imaginer. Sans évoquer le virus qui touche la population, l’idée même de se retrouver sans eau potable, électricité, internet et tout le confort auquel nous sommes habitués et sur lequel nous nous appuyons plus que de raison est effrayant. Pourtant, certains vivent très bien sans à travers le monde.

    Anticipation et dystopie sont monnaie courante, mais je ne peux même pas parler de dystopie ici. Moi qui m’intéresse beaucoup à comment tournerait le monde si tout s’arrêtait du jour au lendemain, ma vision est très proche de l’auteur qui a mis en avant trois points intéressants. La bibliothèque, la troupe de théâtre et le musée de la civilisation. Lorsque j’imagine un monde similaire, ce qui est forcément le cas par le biais du roleplay sur des jeux à thématique post-apocalyptique, j’ai spontanément la volonté de vouloir explorer la quête de savoir et le partage des connaissances avec les personnages que j’incarne.

     Récupérer des livres pour monter une bibliothèque, des instruments de musiques, CD, du matériel de projection et des films, quitte à devoir fabriquer des générateurs avec des batteries de moto et j’en passe… Plutôt que jouer la survie en elle-même, malgré que je m’oriente toujours vers une volonté d’utopie. Des jeux comme « ApocalypseWorld » et « A quiet year » se prêtent d'ailleurs bien à l’exercice.

    Je digresse ? Pas tant que cela, je fais des liens puisque ces détails sont bel et bien ancrés dans le roman que nous propose Mandel. Si elle aborde la survie, la difficulté de vivre en communauté, tout reste léger. Bien-sûr, les thématiques sont plurielles et englobent l’humain en finesse avec un agencement des chapitres qui donne de l’élan et du souffle au récit.  Une toile ciselée, lumineuse, faite de choses simples qui peuplent plusieurs vies en les reliant par des souvenirs, des regrets, des objets, beaucoup d’humilité et l’acceptation. Notamment du passé et de soi. Un récit où finalement le temps semble suspendu durant la reconstruction avec une fin assez ouverte. Je n’aurais toutefois pas été contre un ou deux chapitres en plus, voire un épilogue.  

    Notons que deux personnages m’ont bien plus touché que les autres. Miranda et Jeevan. Pour ce dernier, je ne sais néanmoins toujours pas ce qu'il devient... 


    Ce que pourrait être le comics évoqué dans le roman...


    Pour conclure, une simple - et pourtant - complexe histoire plurielle et bien construite, lumineuse, profondément et positivement axée sur l’humain dans un contexte où la majorité des auteurs mettent en exergue la bassesse et les plus noirs côtés de nos congénères. Le côté survivaliste n’est pas très développé, pas exploité voire mal documenté et donc assez superficiel ; mais ce n’était pas le but car survivre ne suffit pas. Outre le virus qui extermine 99% de la planète (Aïe !), plusieurs clichés et des personnages expédiés aux oubliettes, ou dont le cas fut réglé en une pirouette par facilité scénaristique. Quel dommage !

    Un roman parfait pour celles et ceux qui sont frileux avec la SF ou l’anticipation en général, pouvant même faire l'objet d'une adaptation film. Ce fut donc une lecture plaisante et appréciée qui m'amènera sans doute à relire cette auteure/autrice à l’occasion. 

    23/11/2017

    novembre 23, 2017 0

    Les outrepasseurs - Cindy Van Wilder





    Nouvelle incursion dans le paysage young adult avec la saga "Les Outrepasseurs" de Cindy Van Wilder chez Gulf Stream, dont on parle beaucoup sur la toile, composée initialement de trois tomes, mais dont le quatrième est sorti cette année. D'une malédiction jetée au moyen-âge à nos jours, nous suivons tant les ancêtres que Peter, héro bien malgré lui qui se retrouve confronté à un destin loin de toute normalité. 


    Univers mêlant contes de fée, fables, le fameux roman de Renart, des créatures mythiques et autres métamorphes... Le premier tome nous plonge entre passé et présent avec une écriture fluide et bien maîtrisée que j'ai beaucoup appréciée. Toutefois, les personnages centraux tombant des nues en découvrant un destin imposé, ne sont ici que spectateurs tandis que le premier chapitre ouvrait d'autres possibles en rebondissements. Un passage initiatique classique avec un bassin rappelant la piscine Molitor exploitée par Estelle Faye dans "Un éclat de givre".

    Le second tome est clairement au-dessus des autres. Avouons-le tout de suite ! Malgré l'absence de surprise et une vague ellipse sur ce qu'est la vie des héritiers pour un développement plus large, la laideur des actions et l'immoralité s'accordent au devoir et à l'héritage imposés ; s'y disputent également la conscience et cette bribe d'humanité vacillante. Un conditionnement que le récit allège pour s'adapter tant à l'univers qu'à son public cible.

    Au final, l'adolescent se transforme en adulte à une cadence effrénée. Des choix qui s'affirment et s'assument jusqu'à couper le cordon dans la rébellion avec un certain sens du sacrifice ; certes tête à claque comme tête brûlée bien bornée, ce qui n'est pas déplaisant. le parcours initiatique va bon train et la symbolique y prend tout son sens. 

    J'ai le culot d'apparenter le tout aux shônen japonais car je visualisais assez pertinemment une version animée à travers ce qui existe déjà de manière saturée, présumant que l'autrice/auteure (gardez celui que vous souhaitez) en lit et en visionne aussi. :)

    Quant au vieux lion, péril en sa demeure, alors qu'il se fait vieux à en perdre le contrôle sur tout ce qui lui tenait tant à coeur de manière possessive et obsessionnelle. La chute du piédestal est amorcée, point ignorée, ainsi va la fatalité quand événements et éléments se déchaînent sur un trône désormais fissuré… Va-t-il se résigner ?

    L'histoire des Outrepasseurs se développe rapidement, ayant su de génération en génération, asseoir un certain pouvoir pourtant fragile en manipulant et assujettissant, usant de la malédiction comme levier afin de survivre à tout prix dans la rigueur et l'opulence au sein d'un monde où ils n'ont pas vraiment de place.

    Il en va presque ainsi de la marmoréenne reine des neige aussi libre qu'un vent polaire – et le conte de ce bon vieux Andersen étant mon favori depuis que je suis haute comme trois pommes, je peux vite grommeler – qui devient Babayaga un bref instant, près d'une rivière en Russie - peut-être celle qui a donné son nom - et qui se joue des mortels en volant leur énergie d'un éclat de givre dans le cœur. 

    Sans en dévoiler plus, beaucoup de métaphores n'étant pas sans rappeler bon nombre de guerres et d'horreurs qui furent perpétrées et se perpétuent encore dans notre réalité. Rien ni personne n'est manichéen, mais on retrouve la majorité des thèmes classiques et habituels qui font échos à tant de sagas jeunesse/young adult à cheval entre l'urban fantasy, les contes, fables et mythologies dans une capitale anglaise malheureusement surexploitée même si elle reste le berceau des récits notamment gothiques. 





    Nos auteurs francophones aiment un peu trop les États-Unis - preuve en est la cover du quatrième tome - et l'Angleterre à mon goût, même si nous voyageons quelque peu à travers d'autres pays, et folklores dont certains amenés intelligemment. La toile tissée depuis le premier tome nous a bel et bien amené jusqu'à Maupertuis tandis que l'histoire avec un grand H a joué de manière logique, mais tout de même...

    En dépit d'une écriture que j'ai parfois trouvé moins affinée ici, j'ai beaucoup apprécié toutes les références à différents textes connus et autres légendes (urbaines ou non), réadaptés pour certains à chaque début de chapitre. 

    Bien motivée, j'ai enchaîne avec le troisième tome... Malheureusement, j'en suis sortie très mitigée, voire déçue. Vraiment en deçà de ce que j'aurai pu attendre en termes d'écriture et de rebondissements, même si tout se clôture de manière prévisible. Survol et ellipses nombreux, trop d'accélération peut-être à certains moments pour finalement s'arrêter sur des détails de moindre importance. Parfois une sensation de bâclé dont avec les émotions des personnages rarement approfondis, superficiels si on oublie le début de l'amourette. Je me suis surprise à m'ennuyer, accélérant ma lecture pour aller droit au but. 

    Je ne suis pas non plus parvenue à me positionner par rapport aux personnages, dont certains ont surtout brillé par leur absence. L'histoire du chasseur à chaque début de chapitre m'a, par ailleurs, paru répétitive comparé à ce qui se savait déjà lors des précédents tomes.


    En attendant, cette trilogie reste divertissante avec de bonnes idées, une réécriture de conte intéressante – malgré qu'il en existe pléthore… Phénomène de mode quand tu nous tiens ! - et une plume somme toute agréable pouvant plaire à un large lectorat, dont au public cible. Le quatrième tome sorti récemment sera toutefois lu plus tard.