12/01/2018

Dragon de glace - G.R.R. Martin chez Flammarion



On ne présente plus Georges R. R. Martin avec son jeu des trônes ou trône de fer. Ne me sentant pas d’attaque pour débuter la grosse saga devenue culte – surtout vu le nombre de tomes - mais me laissant bercer par chaque saison de la série adaptée, j’ai donc  préféré piocher dans les autres écrits de l’auteur. C’est tout naturellement, et encore une fois dans le cadre du cold winter challenge, que je me suis attaquée à ce petit recueil de quatre nouvelles, déjà bien chroniqué sur de nombreux blogs et sites !




Mais au fait : De quoi ça parle ?

"D'un blanc cristallin, ce blanc dur et froid, presque bleu, le dragon de glace était couvert de givre ; quand il se déplaçait, sa peau se craquelait telle la croûte de neige sous les bottes d'un marcheur et des paillettes de glace en tombaient. Il avait des yeux clairs, profonds, glacés. Il avait des glaçons pour dents, trois rangées de lances inégales, blanches dans la caverne bleue de sa bouche. S'il battait des ailes, la bise se levait, la neige voltigeait, tourbillonnait, le monde se recroquevillait, frissonnait. S'il ouvrait sa vaste gueule pour souffler, il n'en jaillissait pas le feu à la puanteur sulfureuse des dragons inférieurs. La dragon de glace soufflait du froid."

Auteur du fabuleux cycle du Trône de Fer, George R. R. Martin nous prouve à travers les quatre nouvelles de ce recueil qu'il est aussi bon romancier que noveliste. Il sait tisser des intrigues passionnantes et des personnages puissants, aussi attirants qu'inquiétants. Ce recueil contient aussi L'Homme en forme de pore, prix Bram Stocker et Portrait de Famille, prix Nebula.







Outre la petite déception du fait que l’intitulé du recueil ne concerne que la première nouvelle, j’ai néanmoins apprécié la plume de l’auteur. Première nouvelle ou conte d’ailleurs, concernant le récit initiatique d’une jeune fille de l’hiver prénommée Adara pouvant chevaucher un dragon de glace. L’histoire est classique, revue et sans surprise même si je me suis laissée entraîner sans bouder mon plaisir. Il en va de même avec "Dans les contrées perdues" revisitant les mythes de la sorcière et du loup garou suite à un caprice de princesse. Prévisible à souhait… Rappelons d'ailleurs qu’il est bon d’être prudent avec ses souhaits !

La troisième nouvelle aborde les différences et la peur de l’autre avec toutes les projections possibles, poussées au paroxysme avec "L’homme en forme de poire". Plus contemporaine, aboutie, marquante. En dépit de quelques longueurs qui m’ont passablement ennuyées, la tournure malsaine et poisseuse n’a rien à envier à du Stephen King.

Enfin, « portrait de famille » qui nous mène entre réalité et fantasme, drame de famille et vengeance où les barrières sont floues tout en exploitant un peu de Dickens et de Poe pour donner vie à des visiteurs nocturnes.

Une lecture somme toute mitigée, mais qui aura su par certains égards, quelque peu m'émerveiller et me faire frissonner durant une petite heure en me permettant d’aborder cet auteur avec un brin de facilité.

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